Assurance emprunteur : quelles garanties inclut votre contrat ?
Souscrire un prêt immobilier s’accompagne souvent d’une assurance emprunteur. Celle-ci garantit le remboursement du prêt en cas de coup dur – décès, maladie ou accident – qui empêcherait l’emprunteur de payer ses mensualités.
Un contrat d’assurance emprunteur regroupe plusieurs garanties clés : décès, invalidité (totale ou partielle), incapacité temporaire de travail, et parfois perte d’emploi. Chacune protège l’emprunteur (et sa famille) tout en sécurisant la banque. Dans cet article, nous passons en revue ces garanties (obligatoires et optionnelles) pour vous aider à comprendre ce que couvre votre contrat.
Dernière mise à jour : 17 décembre 2025
Garanties obligatoires : Décès et PTIA
Les garanties Décès et Perte Totale et Irréversible d’Autonomie (PTIA) forment le socle de base de l’assurance emprunteur. La garantie décès est systématique : en cas de décès de l’emprunteur, l’assureur verse au prêteur le capital restant dû.
Les ayants droit du défunt sont alors déchargés de la dette, et le bien immobilier entre dans la succession. Cette couverture s’applique généralement jusqu’à un âge limite, et couvre tous les décès (suicide inclus à partir de la 2ᵉ année du contrat, selon la loi).
La garantie PTIA (ancienne Invalidité Absolue et Définitive) est étroitement liée à la garantie décès. Elle s’active lorsque l’emprunteur devient totalement dépendant : impossible de travailler et nécessité absolue d’aide pour accomplir plusieurs actes de la vie courante (toilette, habillage, alimentation, déplacement).
Dans cette situation extrême, l’assurance prend en charge le remboursement du prêt comme si l’assuré était décédé. En pratique, la banque exige ces deux garanties de base, car elles protègent le prêt contre le risque majeur (perte de la capacité de rembourser) tout en garantissant la sécurité financière de la famille
Invalidité permanente : IPT et IPP
Au-delà du PTIA, l’assurance emprunteur couvre l’invalidité permanente de l’assuré, selon deux degrés : l’Invalidité Permanente Totale (IPT) et l’Invalidité Permanente Partielle (IPP). L’IPT concerne l’inaptitude totale à exercer une activité rémunératrice après consolidation d’un accident ou d’une maladie. En général, elle intervient à partir d’un taux d’incapacité de 66% et aboutit à un versement des mensualités du prêt (ou d’une part) à vie, selon les clauses du contrat.
L’IPP s’applique pour un taux d’invalidité permanent compris entre 33% et 66%. Par exemple, si un emprunteur est reconnu invalide à 50%, l’IPP peut déclencher une indemnisation partielle (souvent un pourcentage de la mensualité). Notez que l’IPP ne peut être souscrite qu’en complément d’une IPT: aucun contrat ne propose l’IPP sans la couverture IPT associée. Comme pour les autres garanties, des exclusions peuvent s’appliquer (maladies chroniques antérieures, pratique de certains sports, etc.).
Incapacité Temporaire de Travail (ITT)
La garantie ITT couvre les arrêts de travail temporaires dus à une maladie ou un accident. Si vous êtes en arrêt maladie (total) et considéré comme inapte selon votre contrat, l’assurance peut prendre en charge vos mensualités – totalement ou partiellement – à hauteur de la perte de revenu. En pratique, après un délai de franchise (quelques jours) puis une durée déterminée, l’assureur verse des indemnités journalières ou rembourse les échéances du prêt.
En revanche, la plupart des contrats exigent que l’inactivité soit totale : si l’assuré reprend ne serait-ce qu’une activité à temps partiel, la prise en charge cesse (sauf clause « mi-temps thérapeutique »). L’ITT est utile notamment pour les emprunteurs salariés exposés à un risque de maladie longue ou d’accident : elle garantit un soutien financier temporaire en cas d’arrêt prolongé.
Optionnelle : Perte d’emploi
La garantie perte d’emploi est généralement facultative. Elle permet de sécuriser le prêt si l’emprunteur est licencié involontairement (hors faute) et ouvre droit aux allocations chômage. Concrètement, en cas de chômage indemnisé (licenciement, fin de CDD, etc.), l’assurance prend en charge tout ou partie des mensualités pendant une période fixée au contrat (par exemple 12 ou 24 mois).
Les contrats prévoient souvent un délai de carence (aucune indemnisation les premiers mois) et un plafond d’indemnisation mensuelle. Il est important de savoir que la banque ne peut pas imposer cette garantie optionnelle: c’est à l’emprunteur de décider s’il la souscrit (selon son statut salarié, âge, etc.). Pour un actif préoccupé par la perte d’emploi, cette option peut apporter une protection précieuse contre le chômage involontaire.
Comment bien choisir son assurance emprunteur
Pour bien choisir, rappelez-vous que les garanties indispensables sont le décès et la PTIA. Les autres garanties se modulent selon votre situation : l’IPP/IPT est essentielle si votre état de santé ou métier expose à une invalidité, l’ITT si vous craignez un arrêt maladie, et la perte d’emploi si votre contrat de travail le permet et que vous voulez vous prémunir contre un licenciement.
Comparez toujours plusieurs offres : depuis 2022, la délégation d’assurance autorise à changer d’assureur pendant toute la durée du prêt, à condition d’offrir un niveau de garanties au moins équivalent. Lors de la comparaison, vérifiez notamment : délais de carence/franchise, exclusions spécifiques (sports à risque, etc.), plafonds et durée d’indemnisation. Par exemple :
- Vérifiez les âges limites de prise en charge pour chaque garantie (généralement 60–70 ans).
- Comparez le coût : assurez-vous que la prime (cotisation) est justifiée par le niveau de couverture.
- Lisez les exclusions : un contrat peut par exemple exclure certaines pathologies antérieures ou conditions (tabac, poids, etc.).
En cas de doute ou de situation complexe (antécédents médicaux, contrat spécifique), faites-vous accompagner par un courtier ou un conseiller. Comme le note France Assureurs, vous pouvez résilier votre assurance à tout moment en présentant une offre concurrente équivalente. Une bonne comparaison vous permettra de trouver le meilleur rapport garanties/prix pour votre prêt.
Cas pratiques
Des témoignages réels illustrent ces enjeux.
Clara, 46 ans, diabétique, explique avoir négocié avec sa banque pour ne garder que les garanties Décès et PTIA afin de réduire sa prime. Malgré cela, elle a dû subir de nombreux examens médicaux contraignants (prélèvements sanguins, tests cardiaques et oculaires…) avant d’obtenir l’accord de l’assureur. Son expérience montre à quel point les critères médicaux et le choix des garanties (ici seulement le socle « de base ») influent sur l’accès à l’assurance. (France asso santé)
Un autre cas : Sabrina, atteinte de sclérose en plaques, a vu plusieurs assureurs refuser son dossier, parfois en excluant la maladie ou en proposant des surprimes extrêmes. Finalement, grâce à un courtier spécialisé, un contrat lui a été proposé avec les garanties de base (Décès + PTIA), assorties d’une surprime modérée. (Notresclérose.org)
Elle souligne qu’anticiper (questionnaires de santé bien remplis) et s’appuyer sur un spécialiste ont été cruciaux. Son témoignage confirme que les garanties décès/PTIA restent la clé pour obtenir un prêt, même si des conditions (tarifaires et médicales) s’y ajoutent.
Conclusion
En résumé, un contrat d’assurance emprunteur regroupe plusieurs garanties pour protéger l’emprunteur et le prêteur. Les garanties décès et PTIA effacent la dette en cas de drame personnel majeur.
Les garanties invalidité (IPT/IPP) prennent en charge le prêt si vous perdez de façon permanente votre capacité de travail, tandis que l’ITT couvre temporairement un arrêt maladie ou accident. L’option perte d’emploi peut compléter cette protection en cas de chômage subi. Avant de signer, prenez le temps de lire votre contrat et de comparer : chaque garantie a ses conditions (exclusions, plafonds, franchises).
Si besoin, sollicitez un courtier ou un conseiller pour déterminer le niveau de couverture adapté à votre profil. Mieux compris, ces garanties assurent une protection efficace pour sécuriser votre projet immobilier.
Ce contenu est à titre informatif et ne remplace pas une consultation personnalisée. Pour toute question, l’équipe Handi-Assur reste à votre disposition.
Article écris par :

Clair Caillon est courtier en assurances, fondateur de Handi-Assur et spécialiste depuis près de 30 ans de l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Il est régulièrement décrit par ses clients comme très à l’écoute, réactif, humain et capable de débloquer des dossiers complexes que les assureurs « classiques » refusent.
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Assurance prêt immobilier après alcoolisme : nos conseils
L’alcoolisme est reconnu comme une maladie chronique par l’OMS et figure parmi les premières causes de mortalité prématurée. En France, c’est la 2ᵉ cause de mortalité évitable, après le tabac. Ainsi, un passé d’alcoolodépendance est considéré par les assureurs comme un risque aggravé de santé. Lors de la souscription d’un prêt immobilier, le futur emprunteur devra remplir un questionnaire médical.
L’abandon ou la minimisation d’un antécédent d’alcoolisme peut entraîner la nullité du contrat. Ce guide explique comment déclarer ses antécédents, quels documents fournir pour prouver son sevrage, et comment les assureurs décident des garanties (avec ou sans surprime). Nous aborderons aussi les solutions d’aide (délégation d’assurance, convention AERAS) pour retrouver plus d’accès au crédit.
Dernière mise à jour : 17 décembre 2025
Alcoolisme : maladie chronique et risque aggravé
L’alcoolisme est une pathologie chronique caractérisée par une consommation excessive et incontrôlée d’alcool. Selon l’OMS, ce trouble d’addiction a de lourdes conséquences sur la santé (cirrhose, cancers, troubles neurologiques, etc.). En France, l’alcoolisme « réduit l’espérance de vie et occupe la deuxième place au classement des causes de mortalité évitable ».
Pour l’assureur, ces antécédents de santé soulèvent un risque accru de maladie et d’incapacité de travail. L’assurance emprunteur (garanties décès/invalidité) est pourtant indispensable pour obtenir un prêt immobilier. Les compagnies d’assurance classent donc l’alcoolisme parmi les risques aggravés de santé, au même titre que de nombreuses pathologies chroniques.
- Questionnaire de santé obligatoire : avant d’assurer le prêt, il faut généralement remplir un questionnaire médical. On y demandera notamment « si vous consommez de l’alcool », afin d’évaluer le profil de risque.
- Véracité des déclarations : toute omission ou fausse réponse peut entraîner la nullité du contrat. Le Code des assurances (art. L113-8) prévoit la nullité en cas de réticence intentionnelle. En clair, vous devez déclarer un antécédent d’alcoolisme.
- Allègement par la loi Lemoine : depuis 2022, le questionnaire de santé n’est plus requis pour les prêts immobiliers dont la part assurée par personne est ≤ 200 000 € et remboursés avant 60 ans. Cette mesure (« Loi Lemoine ») supprime la détection d’antécédents pour ces cas, ce qui profite aux profils à risque. En revanche, au-delà de ces seuils, le questionnaire reste obligatoire.
Déclaration d’alcoolisme et obligations légales
Lors de la demande d’assurance emprunteur, il est donc impératif de répondre honnêtement. Concrètement, on vous demandera vos antécédents médicaux, y compris les troubles de l’addiction.
En cas de doute, mieux vaut tout déclarer : un courtier ou votre assureur spécialisé expliquera comment « formuler » ces informations. Notez que seul le médecin-conseil de l’assureur peut consulter votre dossier médical. Le conseiller bancaire ou le courtier ne peut accéder aux détails de santé.
En résumé, le processus législatif actuel est favorable aux emprunteurs ayant eu un problème de santé. La loi Lemoine offre un droit à l’oubli pour certains prêts (grandes lignes ci-dessus).
Par ailleurs, les lois antérieures, comme la loi Lagarde (2010), ont ouvert la délégation d’assurance (voir plus bas). Tous ces éléments simplifient l’accès au crédit, sous réserve de respecter les obligations de déclaration.
Effet du sevrage sur l'acceptation de l'assurance
Les assureurs examinent ensuite la situation médicale du demandeur pour décider des garanties et tarifs. La période d’abstinence est un critère déterminant : plus votre sevrage est long, meilleures sont vos chances d’assurance normale.
Par exemple, selon Meilleurtaux, un emprunteur sobre depuis plus de 5 ans peut obtenir – après examens médicaux satisfaisants – les garanties décès, PTIA et IT aux tarifs standards. En revanche, si vous êtes abstinent depuis seulement 2 ans, les assureurs sont plus prudents : ils peuvent exclure les garanties liées aux maladies hépatiques et appliquer une surprime (environ +50 % sur la garantie décès).
Pour justifier son sevrage, il est nécessaire de fournir un dossier médical précis : par exemple, les derniers bilans sanguins du foie et une échographie hépatique récente. Le médecin-conseil de l’assureur peut également exiger des examens complémentaires. En pratique, chaque dossier est étudié au cas par cas. En cas de récidive récente ou d’anomalies sévères, l’assureur peut refuser la couverture.
Surprimes, garanties et alternatives
Face à un profil « ancien alcoolique », les compagnies peuvent proposer une assurance avec conditions. Ces conditions incluent souvent :
- Surprime : majoration de la cotisation pour compenser le risque aggravé, pouvant aller jusqu’à +50 % ou plus, selon les antécédents.
- Exclusions de garanties : suppression des garanties invalidité/ITT liées au foie, par exemple, lorsque la guérison est récente.
- Délai de carence : période d’attente avant l’entrée en vigueur de la couverture, pour s’assurer de la stabilité du sevrage.
Afin de trouver une offre adaptée, la comparaison est cruciale. Le régime de délégation d’assurance (Loi Lagarde 2010) permet de souscrire librement un contrat auprès d’un assureur externe plutôt que celui du prêteur.
Les emprunteurs à risque peuvent ainsi solliciter plusieurs devis et négocier les conditions. Faire appel à un courtier spécialisé est fortement conseillé. Ce professionnel connaît les assureurs qui acceptent les profils à risques et peut limiter la surprime demandée tout en préservant les garanties nécessaires.
La convention AERAS : prêter malgré le risque aggravé
Lorsque l’alcoolisme est déclaré et que les conditions « standard » ne sont pas obtenues, la convention AERAS (S’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) entre en jeu. Ce dispositif public-privé remobilise trois niveaux d’examen supplémentaires.
Si un dossier est refusé au niveau 1, il passe en niveau 2 (analyse approfondie). En dernier ressort, le niveau 3 fait intervenir un « pool » de réassureurs pour les cas les plus complexes. À chaque étape, une proposition (parfois assortie d’exclusion ou de surprime) peut être faite.
La convention AERAS ne garantit pas l’assurance automatique, mais élargit l’accès pour les emprunteurs à risque. Les dernières réformes ont même renforcé AERAS: le plafond de prêt pris en charge est passé de 320 000 € à 420 000 € (pour les crédits immobiliers ou professionnels), et l’application de l’assurance doit respecter l’équivalence des garanties.
Pour bénéficier d’AERAS, le prêt doit être remboursé avant 71 ans au plus tard. Si une solution d’assurance reste impossible, la banque propose enfin une garantie alternative (cautionnement ou PPD) pour permettre l’emprunt.
Conseils et ressources utiles
- Persévérer : la recherche d’assurance peut prendre du temps. Chaque assureur a sa politique médicale. En multipliant les demandes (délégation) et en prouvant votre stabilisation, vous augmentez vos chances.
- Dossier complet : regroupez vos certificats médicaux, attestations de suivi (CSAPA, médecin) et bilans récents. Montrez que vous avez suivi un parcours de soins et que vous disposez d’un suivi régulier.
- Consulter un expert : le site officiel AERAS (aeras-infos.fr) propose des fiches et contacts. Des associations de soutien (Alcool Info Service, CSAPA, Alcooliques Anonymes) peuvent également accompagner les démarches de sevrage et orienter vers des services adaptés.
En somme, l’ancien alcoolique souhaitant emprunter doit être transparent, fournir des preuves de son sevrage et comparer les offres (délégation). Les dispositifs légaux récents (Loi Lemoine, Loi Lagarde) et la convention AERAS offrent des filets de sécurité pour retrouver un accès au crédit immobilier.
Conclusion
Reprendre un projet immobilier après un alcoolisme passé est un défi, mais pas impossible. Les assureurs exigent transparence et certificat de sevrage, et appliquent souvent une surprime ou des exclusions pour compenser le risque.
Cependant, un long parcours d’abstinence attesté (≥5 ans) permet souvent d’obtenir une assurance au tarif normal. Faites jouer la concurrence (délégation) et n’hésitez pas à solliciter un courtier.
En cas de refus, la convention AERAS est là pour étudier votre dossier plus en profondeur. Grâce aux réformes et à ces conseils, vous pourrez progressivement retrouver la sérénité pour financer votre projet immobilier.
Disclaimer : cet article est informatif, il ne remplace pas un avis médical ou juridique.
FAQ
Oui. Lors de la demande d’assurance emprunteur, toute consommation excessive passée doit être déclarée. Le questionnaire demande explicitement si vous consommez de l’alcool. Toute omission intentionnelle peut annuler le contrat. Seules les emprunts inférieurs à 200 000 € (par personne) remboursés avant 60 ans échappent au questionnaire.
AERAS permet de rejuger les dossiers « à risque » lorsque l’assurance standard refuse. Elle n’ouvre pas un droit automatique, mais elle facilite l’accès en offrant une expertise médicale renforcée et des propositions adaptées. Les plafonds ont été relevés (jusqu’à 420 000 €) et les cas complexes examinés par un pool spécialisé. Ainsi, même après un refus, AERAS peut aboutir à une assurance (avec surprime ou exclusion limitée).
Oui. Depuis la loi Lagarde (2010), vous pouvez choisir votre assurance emprunteur en délégation. Cette liberté permet de comparer plusieurs offres externes. Les assureurs spécialisés hors contrat groupe peuvent alors proposer des tarifs ou garanties personnalisés, souvent mieux adaptés aux profils à risque.
Ministère de l’Économie (fiches pratiques assurance emprunteur, AERAS), AERAS (convention officielle), OMS/WHO (données sur l’alcool), Meilleurtaux (analyse marché)
Article écris par :

Clair Caillon est courtier en assurances, fondateur de Handi-Assur et spécialiste depuis près de 30 ans de l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Il est régulièrement décrit par ses clients comme très à l’écoute, réactif, humain et capable de débloquer des dossiers complexes que les assureurs « classiques » refusent.
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Emprunter malgré un risque de santé aggravé : assurance prêt
De nombreuses personnes (anciennes malades, handicapés, etc.) se demandent comment obtenir un crédit immobilier quand elles ont un antécédent médical. La convention AERAS et la loi Lemoine ont été créées pour répondre à cette situation. Cet article détaille les dispositifs en place (convention AERAS, droit à l’oubli, plafonnement des surprimes) et les solutions pratiques (service d’aide, mutualisation, médiation) pour trouver une assurance emprunteur malgré un problème de santé.
Dernière mise à jour : 17 décembre 2025
Convention AERAS : accès facilité au crédit malgré la maladie
La convention AERAS (S’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) a été signée en 2007 par l’État, les banques, les assureurs et les associations (dont la Ligue contre le cancer) pour aider les malades à obtenir un prêt. Elle fixe des conditions protégées pour l’assurance de prêt en cas de pathologie grave passée.
- Principes clés. Si l’emprunteur relève d’un “droit à l’oubli” (voir ci‑dessous), il peut bénéficier des conditions standard, sans surprime ni exclusion. Sinon, la convention établit une grille de référence médicale : certaines maladies (suivies, stabilisées) sont assurables sans surcoût, tandis que d’autres donnent lieu à une assurance avec surprime plafonnée et garanties éventuellement limitées
- Évolutions récentes. Un avenant de juillet 2024 a renforcé la convention AERAS: notamment la suppression du questionnaire de santé pour les prêts de faible montant (≤200 000 € par personne, échéance avant 60 ans), l’extension du droit à l’oubli (cancer/Hépatite C à 5 ans) et l’augmentation du plafond assuré à 420 000 €. La loi Lemoine du 28 février 2022 a en effet fixé à 5 ans (fin de protocole) le délai d’oubli pour tous les cancers et l’hépatite C, sans condition d’âge au diagnostic. Elle a aussi supprimé l’enquête médicale sur les prêts inférieurs à 200 000 € (et 400 000 € par ménage) remboursés avant 60 ans, simplifiant ainsi les démarches.
Droit à l’oubli : les cancers oubliés
Le droit à l’oubli permet de ne pas déclarer un ancien cancer ou hépatite C dans le questionnaire d’assurance si les conditions sont remplies. Concrètement, depuis 2022 toute personne guérie depuis au moins 5 ans (fin de traitement sans rechute) n’a plus à mentionner son cancer à l’assureur et peut obtenir un crédit sans surprime sur cet antécédent.
Autrement dit, passé ce délai, un ancien malade peut emprunter et assurer son prêt dans des conditions équivalentes à un emprunteur “sain”. Les associations conseillent toutefois de contacter un spécialiste (médecin conseil, AIDEA…) pour vérifier l’éligibilité exacte, car d’autres critères (type de cancer, diagnostic) sont parfois précisés dans la grille AERAS.
Calcul des surprimes et garanties
Quand la situation médicale reste délicate, l’assureur propose une assurance avec surprime (majoration du tarif) ou limitations de garanties. La convention AERAS encadre ces cas : la grille de référence distingue les pathologies bénignes (prise en charge sans surcoût) et les cas plus complexes, qui obtiennent malgré tout une offre avec surprime maximale définie. En pratique, la surprime est calculée en pourcentage de la prime normale, en fonction de la maladie, de son stade et de l’âge de l’emprunteur.
Par exemple, un diabète stabilisé ou un asthme pourrait entraîner une surprime modérée, tandis qu’un séjour récent en service de soins intensifs serait plus lourdement pénalisé. Cependant, la convention plafonne le coût total : pour les emprunteurs à revenus modestes, la cotisation d’assurance ne peut excéder 1,4 point de TAEG grâce au mécanisme d’écrêtement des surprimes.
À titre d’exemple, en 2022 les assureurs ont proposé au moins la garantie décès dans 94,4 % des demandes à risque de santé(sans surprime dans 64 % des cas décès et 52 % des cas invalidité). Ceci illustre que la majorité des emprunteurs malades obtiennent une couverture, parfois avec un surcoût contrôlé.
Solutions pratiques et accompagnement
En plus des dispositions légales, plusieurs dispositifs aident concrètement les emprunteurs malades :
- Service AIDEA (Ligue contre le cancer). Ce service associatif gratuit (accessible au 0 800 940 939) conseille les malades sur l’assurance emprunteur. Des conseillers spécialisés en assurance et banque peuvent aider à constituer le dossier, négocier les devis et orienter vers les offres adaptées. Par exemple, un patient peut contacter AIDEA dès son projet de prêt pour préparer un dossier d’assurance sur mesure.
- Mutualisation et aides spécifiques. Pour les foyers modestes souscrivant un prêt immobilier, la convention AERAS prévoit l’écrêtement des surprimes, ce qui limite la part de l’assurance dans le coût total du crédit. Les emprunteurs non éligibles au “droit à l’oubli” peuvent également bénéficier, si nécessaire, d’une garantie invalidité spécifique proposée par les assureurs (sans exclusion liée à la maladie déclarée). Ces dispositifs de solidarité réduisent l’empreinte financière du risque.
- Recours et médiation. En cas de refus d’assurance ou de surprise après signature, il existe une Commission de médiation AERAS. Les associations encouragent à saisir cette médiation, indépendante, qui peut aider à débloquer le dossier.
Au total, grâce à ces solutions (convention AERAS, droit à l’oubli, écrêtement des surprimes et accompagnement spécialisé), emprunter reste possible même avec un lourd passé médical. À titre d’exemple, en 2022 la convention AERAS a permis à plus de 19 000 emprunteurs malades de voir leur surprime réduite grâce au mécanisme de mutualisation
Conclusion
Les emprunteurs ayant des antécédents graves (cancer, maladie chronique, addiction, etc.) ne sont pas sans recours : la législation récente et la convention AERAS offrent des outils concrets pour obtenir un crédit immobilier avec assurance.
Il est essentiel de bien préparer son dossier (choix de la quotité, comparateur, service d’aide) et de s’appuyer sur les avantages légaux (droit à l’oubli, suppression de questionnaire) pour limiter les surcoûts.
Enfin, n’hésitez pas à solliciter des conseils (par exemple auprès du service AIDEA) et à comparer plusieurs offres : la transparence est désormais renforcée. Avec ces dispositifs, un projet immobilier reste accessible même après une maladie.
Cet article est à vocation informative et ne remplace pas un conseil personnalisé. Pour plus d’informations, contactez votre conseiller bancaire ou le service AIDEA (Ligue contre le cancer) au 0 800 940 939.
Sources : textes légaux (loi n°2022-270), site officiel de la convention AERAS, Ligue contre le cancer (service AIDEA), statistiques AERAS.
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Clair Caillon est courtier en assurances, fondateur de Handi-Assur et spécialiste depuis près de 30 ans de l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Il est régulièrement décrit par ses clients comme très à l’écoute, réactif, humain et capable de débloquer des dossiers complexes que les assureurs « classiques » refusent.
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Pourquoi et quand changer d’assurance emprunteur ?
L’assurance emprunteur (ou assurance de prêt immobilier) est souvent souscrite par défaut auprès de la banque lors de la signature d’un crédit immobilier. Or, ce poste est loin d’être négligeable : il peut représenter jusqu’à 30 % du coût total du prêt.
Grâce à l’évolution de la législation, notamment la loi Lemoine de 2022, il est aujourd’hui possible de changer d’assurance emprunteur en cours de crédit pour obtenir un meilleur contrat. Dans quels cas est-ce intéressant de renégocier son assurance de prêt, et à quel moment ? Voici un tour d’horizon complet des raisons de changer d’assurance emprunteur – économies à la clé, garanties ajustées, concurrence accrue – et des modalités permises par la nouvelle loi.
Dernière mise à jour : 17 décembre 2025
Réaliser des économies importantes sur le coût de l’assurance
En faisant jouer la concurrence, un emprunteur peut réduire considérablement la facture de son assurance de prêt. Les contrats alternatifs proposés par des assureurs externes sont généralement beaucoup moins coûteux que les contrats « groupe » des banques.
Selon une étude de 2024, plus de 92 % des emprunteurs ayant changé d’assurance ont réalisé des économies, la moitié d’entre eux économisant plus de 5 000 €, et certains plus de 15 000 € sur la durée du prêt. Concrètement, cela représente souvent un gain de 30 à 40 € par mois pour un emprunteur trentenaire moyen, soit jusqu’à 10 000 € d’économies sur 10 à 20 ans de crédit.
Ces économies substantielles s’expliquent par l’écart de tarif entre l’assurance bancaire standard et les offres personnalisées des assureurs concurrents. D’après une analyse publiée par Le Monde, les banques pratiquent des tarifs 2 à 4 fois plus élevés que ceux des assureurs alternatifs en moyenne. En passant sur un contrat individuel, un ménage peut économiser environ 10 000 € sur 20 ans, soit 40 € par mois, à niveau de garantie équivalent.
Pour les profils jeunes et en bonne santé, la baisse de coût peut même atteindre 30 à 70 % par rapport à l’assurance groupe initiale (à garanties égales), et de 10 à 40 % pour des emprunteurs quadragénaires. En période de taux d’intérêt élevés et de pouvoir d’achat contraint, réduire le coût de son assurance emprunteur est un levier facile à actionner pour alléger ses mensualités et le coût total du crédit.
Bénéficier de garanties mieux adaptées à votre profil
Changer d’assurance emprunteur ne sert pas qu’à faire des économies : cela permet aussi de mieux se couvrir, avec un contrat plus adapté à sa situation personnelle. Les contrats bancaires « groupe » sont standardisés et peu personnalisables, là où les offres individuelles concurrentes proposent souvent des garanties plus pointues et moins d’exclusions.
En pratique, à tarif égal ou moindre, un nouveau contrat externe peut offrir une protection élargie par rapport à l’ancien : les assureurs alternatifs mettent en avant des garanties mieux adaptées et des services plus performants (gestion en ligne des sinistres, options supplémentaires, etc.).
Vous ne serez donc pas moins bien protégé en changeant – la réglementation impose d’ailleurs que le nouveau contrat présente au minimum des garanties équivalentes à celles exigées par la banque – et vous pourriez même bénéficier de couvertures plus complètes qu’avec l’assurance initiale.
Exemple concret : un emprunteur ayant souscrit son assurance il y a plusieurs années peut aujourd’hui trouver un contrat couvrant mieux certains risques spécifiques. Si vous exercez un métier à risque ou pratiquez un sport dangereux, un assureur spécialisé sera plus à même de vous couvrir correctement, là où le contrat bancaire standard aurait pu exclure ces situations.
De même, si votre profil de santé s’est amélioré depuis la souscription (arrêt du tabac, perte de poids, fin de traitement médical), cela constitue une raison évidente de rechercher une nouvelle assurance mieux tarifiée : un fumeur repenti ou une personne ayant surmonté un problème de santé pourra décrocher un contrat moins cher et mieux adapté à sa nouvelle situation, l’assureur jugeant désormais le risque plus faible.
Il faut aussi souligner que les avancées législatives récentes ont amélioré l’accès à l’assurance pour tous les profils. Par exemple, la loi Lemoine a supprimé le questionnaire de santé pour les prêts immobiliers inférieurs ou égaux à 200 000 € (par emprunteur) dont le terme intervient avant le 60e anniversaire de l’emprunteur.
Autrement dit, si votre emprunt est modeste ou de durée raisonnable, vous n’aurez plus à déclarer de problèmes de santé lors du changement d’assurance ; aucune surprime ne pourra vous être imposée pour des raisons médicales dans ces cas.
De plus, le droit à l’oubli (concernant les anciens malades du cancer ou de l’hépatite C) a été réduit de 10 à 5 ans : cinq ans après la fin de votre protocole de soins, vous n’avez pas à signaler cet historique dans votre demande d’assurance. Ces mesures renforcent la capacité de nombreux emprunteurs à trouver une meilleure couverture, même s’ils avaient été pénalisés par le passé pour des raisons de santé.
Profiter de la concurrence accrue entre assureurs
Mettre en concurrence les assureurs est aujourd’hui non seulement possible, mais vivement recommandé pour optimiser son assurance de prêt. Longtemps, les banques ont conservé le monopole de ce marché – elles captent encore l’essentiel des contrats d’assurance emprunteur – mais la libéralisation progressive depuis 2010 a ouvert la porte à de nombreux assureurs alternatifs (compagnies d’assurance, mutuelles, courtiers, etc.).
Des acteurs comme Axa, April, Allianz, Generali, MAIF, CNP Assurances, etc., proposent des offres d’assurance emprunteur compétitives, souvent mieux calibrées et moins chères que celles des bancassureurs. Cette concurrence permet aux emprunteurs de faire jouer la comparaison pour obtenir le meilleur rapport garanties/prix.
Plusieurs réformes législatives ont encouragé cette ouverture du marché : la loi Lagarde en 2010 a d’abord garanti le libre choix de l’assurance dès la souscription du prêt (la banque ne peut imposer son contrat maison) ; puis la loi Hamon de 2014 a autorisé la résiliation de l’assurance à tout moment durant la première année du crédit. Par la suite, l’amendement Bourquin (2018) a instauré un droit de résiliation annuel à chaque date anniversaire du contrat. Enfin, la loi Lemoine de 2022 a parachevé cette libéralisation en supprimant toute contrainte de calendrier : il est désormais possible de résilier son assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni pénalités.
Ces évolutions ont considérablement renforcé le pouvoir des consommateurs et incité les assureurs à proposer des tarifs plus attractifs. En effet, en pratiquant des prix individualisés en fonction du profil de risque de chaque client – tout en maintenant des garanties équivalentes – les assureurs concurrents ont fait chuter les prix moyens de l’assurance de prêt.
Les chiffres illustrent l’essor de cette concurrence. Par exemple, après l’entrée en vigueur de la loi Lemoine, les demandes de substitution d’assurance auprès des banques ont bondi de plus de 80 % entre 2021 et mi‑2023. Autrement dit, de nombreux emprunteurs ont saisi l’opportunité de changer d’assurance une fois la résiliation infra-annuelle autorisée. Selon un baromètre du secteur, plus de 9 emprunteurs sur 10 ayant changé d’assurance déclarent avoir réalisé des économies sur leur crédit– ce qui confirme l’intérêt de faire jouer la concurrence.
Face à ces transferts de contrats, les banques restent encore dominantes sur le marché, mais elles ont dû s’aligner en partie et justifier leurs tarifs. Surtout, la loi impose aux banques d’accepter le nouveau contrat d’assurance dès lors que celui-ci présente des garanties équivalentes : l’établissement prêteur ne peut refuser la substitution que pour un motif légitime, par exemple si le niveau de couverture est insuffisant, et il doit répondre dans un délai maximal de 10 jours.
En somme, la concurrence joue en faveur des emprunteurs, et le cadre légal veille à ce que les droits de ces derniers soient respectés.
Changer d’assurance emprunteur à tout moment (loi Lemoine)
La loi Lemoine, entrée en vigueur en juin 2022, constitue une petite révolution pour les emprunteurs. Auparavant, passé la première année de crédit (loi Hamon), il fallait attendre l’échéance annuelle du contrat pour changer d’assurance, en respectant un préavis strict de deux mois – faute de quoi le contrat était reconduit pour un an supplémentaire. Désormais, la résiliation est possible à tout moment, pour tous les prêts en cours, sans attendre la date anniversaire.
Concrètement, vous êtes libre de changer d’assurance de prêt quand vous le souhaitez au cours du remboursement, que votre contrat ait été souscrit il y a un mois ou depuis plusieurs années. Cette résiliation infra-annuelle se fait sans frais : aucun pénalité ni motif n’est à fournir, si ce n’est l’obligation de présenter un nouveau contrat à la banque avec des garanties au moins équivalentes à l’ancien.
Il est donc tout à fait envisageable de souscrire une offre alternative et de résilier l’assurance initiale dès que vous trouvez mieux – par exemple, de changer d’assurance quelques mois après la signature du prêt pour profiter d’un tarif plus avantageux.
Quand est-il intéressant de changer d’assurance emprunteur ? D’un point de vue financier, le plus tôt est le mieux. Plus vous agissez tôt durant la vie du prêt, plus les économies potentielles seront élevées, car vous paierez le nouveau tarif avantageux sur une plus longue période restante. Inversement, si vous avez déjà remboursé une grande partie du crédit (par exemple après avoir franchi les deux tiers de la durée du prêt), l’intérêt d’un changement d’assurance diminue fortement.
En fin de prêt, le capital restant dû est réduit et votre âge plus élevé entraîne des tarifs d’assurance naturellement plus hauts : le gain réalisé pourrait être marginal, d’autant que certains contrats bancaires sont calculés sur le capital restant et voient leur coût baisser avec le temps. De plus, il faut évaluer votre situation personnelle : si votre état de santé s’est aggravé depuis la souscription initiale, mieux vaut y réfléchir à deux fois.
En changeant d’assurance, vous repartez à zéro sur les conditions médicales : une maladie apparue en cours de prêt pourrait entraîner des surprimes ou exclusions avec le nouvel assureur, alors qu’elle était couverte sans réserve par votre contrat actuel. En résumé, grâce à la loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance à tout moment, mais l’opportunité est maximale dans les premières années du prêt et lorsque votre profil s’est maintenu ou amélioré.
Conclusion : un changement gagnant pour la plupart des emprunteurs
En définitive, changer d’assurance emprunteur en cours de crédit peut s’avérer très avantageux. Que ce soit pour payer moins cher (plusieurs milliers d’euros d’économies potentielles sur la durée du prêt), pour améliorer vos garanties ou pour profiter d’un marché concurrentiel désormais ouvert, vous avez tout intérêt à étudier les offres alternatives disponibles.
La récente loi permet une résiliation simplifiée à tout moment, ce qui donne une grande flexibilité aux emprunteurs pour optimiser leur contrat d’assurance de prêt immobilier. N’hésitez pas à comparer les devis d’assurance emprunteur auprès de différents assureurs : en faisant jouer la concurrence, beaucoup d’emprunteurs ont déjà allégé le coût de leur crédit tout en sécurisant une meilleure protection.
Conseil : Avant de franchir le pas, vérifiez bien l’équivalence des garanties entre l’ancien et le nouveau contrat (pour s’assurer que toutes les exigences de la banque sont couvertes) et respectez la procédure de substitution (envoi d’une demande écrite à l’assureur en place, fourniture du nouveau contrat à la banque, etc.).
Si besoin, faites-vous accompagner par un courtier ou un conseiller spécialisé pour choisir l’offre la plus adaptée et gérer les formalités. Avec un bon accompagnement, changer d’assurance emprunteur est une démarche simple et sans risque, qui peut au final optimiser significativement le coût de votre prêt immobilier.
Disclaimer : Cet article a une visée informative et généraliste. Il ne constitue pas un conseil financier ou juridique personnalisé. Pour toute situation particulière, consultez un professionnel certifié avant de prendre une décision.
Article écris par :

Clair Caillon est courtier en assurances, fondateur de Handi-Assur et spécialiste depuis près de 30 ans de l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Il est régulièrement décrit par ses clients comme très à l’écoute, réactif, humain et capable de débloquer des dossiers complexes que les assureurs « classiques » refusent.
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Changer d’assurance de prêt immobilier : le guide complet
Lorsque vous souscrivez un crédit immobilier, la banque exige presque toujours une assurance emprunteur couvrant les risques de décès, d’invalidité ou d’incapacité. Or, le coût de cette assurance peut représenter jusqu’à 30 % du montant total de votre emprunt. Cela signifie qu’en changeant pour un contrat moins cher ou mieux adapté, vous pouvez réduire significativement le coût total de votre crédit. En effet, plus de 90 % des emprunteurs ayant changé d’assurance ont réalisé des économies, la moitié d’entre eux économisant plus de 5 000 € sur la durée du prêt. Au-delà du gain financier, changer d’assurance emprunteur peut aussi permettre d’améliorer vos garanties (meilleure prise en charge, options supplémentaires) sans augmenter vos mensualités.
Introduction : Pourquoi s’intéresser au changement d’assurance de prêt ?
Grâce à diverses lois récentes en France, il est devenu beaucoup plus simple de résilier son assurance de prêt pour la remplacer par une autre. Ce guide pratique explique pas à pas comment changer d’assurance emprunteur, en détaillant : les évolutions légales clés (loi Hamon, amendement Bourquin, loi Lemoine), les conditions à respecter (équivalence des garanties, délais, etc.), et les démarches administratives pour réussir la substitution de votre contrat en toute conformité.
NB : Ce guide fournit des informations générales ; pensez à vérifier les conditions spécifiques de votre contrat et à demander conseil en cas de doute.
Dernière mise à jour : 17 décembre 2025
Cadre légal : lois Hamon, Bourquin et Lemoine en bref
Depuis 2010, plusieurs lois ont progressivement assoupli les conditions pour changer d’assurance de prêt immobilier. Comprendre ces évolutions légales vous aidera à situer vos droits actuels et à connaître les éventuelles contraintes de résiliation.
Loi Hamon (2014) : résiliation durant la première année du prêt
Entrée en vigueur en 2014, la loi Hamon a ouvert la possibilité de changer d’assurance emprunteur pendant la première année du crédit immobilier. Concrètement, à partir de la date de signature de votre offre de prêt, vous disposiez de 12 mois pour résilier votre contrat initial et en souscrire un nouveau auprès de l’assureur de votre choix, sans pénalité. La résiliation pouvait se faire à tout moment durant cette première année, à condition de respecter un préavis minimum de 15 jours avant la fin des 12 mois. Ce dispositif visait à favoriser la concurrence entre assureurs et à permettre aux emprunteurs de bénéficier d’un meilleur tarif dès le début de leur emprunt.
Exemple d’application : Un emprunteur ayant signé son prêt le 1er avril 2024 pouvait, grâce à la loi Hamon, changer d’assurance jusqu’au 31 mars 2025. S’il trouvait une offre plus avantageuse, il devait envoyer sa demande de résiliation au moins 15 jours avant cette date anniversaire, soit avant le 16 mars 2025, pour que le nouveau contrat prenne le relais à temps. Cette flexibilité de la première année a permis à de nombreux emprunteurs de réaliser des économies substantielles en renégociant tôt leur assurance de prêt.
Amendement Bourquin (2018) : résiliation annuelle à la date anniversaire
Afin d’aller plus loin, l’amendement Bourquin (intégré à la loi Sapin 2 de fin 2016, effectif 1ᵉʳ janvier 2018) a étendu le droit de résiliation au-delà de la première année. Grâce à Bourquin, vous pouviez changer d’assurance emprunteur chaque année, à la date anniversaire de votre contrat, pendant toute la durée du prêt. La contrainte principale était de respecter un préavis d’au moins 2 mois avant cette date anniversaire pour envoyer votre demande de résiliation. En pratique, cela signifiait que passé la première année de crédit, vous entriez dans un système de résiliation annuelle : votre fenêtre de changement se renouvelait chaque année, en envoyant votre lettre au plus tard 2 mois avant la date anniversaire du contrat d’assurance.
Ce droit de substitution annuel a offert une nouvelle opportunité d’optimiser le coût de son assurance en cours de prêt, notamment pour les emprunteurs n’ayant pas profité de la loi Hamon. Cependant, il s’est avéré que beaucoup d’emprunteurs rencontraient des difficultés pratiques (demandes tardives, refus bancaires, délais administratifs) les empêchant de profiter pleinement de cette résiliation annuelle. C’est pourquoi le législateur a continué à faire évoluer le cadre légal par la suite.
Loi Lemoine (2022) : résiliation à tout moment, sans frais et sans conditions de délai
La loi Lemoine du 28 février 2022 a marqué une véritable révolution pour les emprunteurs. Depuis son entrée en vigueur (au 1ᵉʳ juin 2022 pour les nouveaux prêts et au 1ᵉʳ septembre 2022 pour tous les contrats existants), vous pouvez résilier votre assurance de prêt à n’importe quel moment, sans attendre une échéance.
Autrement dit, les contraintes de délai de la loi Hamon (première année) et de l’amendement Bourquin (anniversaire annuel) ne s’appliquent plus : la résiliation est infra-annuelle et possible à tout moment, quelle que soit l’ancienneté du prêt. De plus, cette substitution doit se faire sans aucun frais pour l’emprunteur, ce qui est explicitement prévu par la loi Lemoine.
« Depuis le 1er septembre 2022, tous les emprunteurs, y compris ceux ayant un contrat en cours, peuvent changer à tout moment leur assurance emprunteur, sans frais ».
En parallèle, la loi Lemoine apporte d’autres avancées importantes : suppression du questionnaire de santé pour les prêts ≤ 200 000 € arrivant à échéance avant les 60 ans de l’emprunteur, et réduction à 5 ans du délai du droit à l’oubli pour les anciens malades du cancer ou de l’hépatite C. Ces mesures visent à faciliter l’accès à l’assurance emprunteur pour tous, y compris les personnes ayant des problèmes de santé, et donc à élargir la possibilité de changer d’assurance sans obstacle médical. Enfin, les assureurs sont tenus d’informer chaque année leurs clients de leur droit de résiliation à tout moment et d’afficher le coût de l’assurance sur 8 ans, pour améliorer la transparence.
En résumé, voici un récapitulatif des droits de résiliation selon chaque loi :
- Loi Lagarde (2010) : libre choix de l’assurance dès la souscription initiale du prêt (délégation d’assurance).
- Loi Hamon (2014) : changement possible au cours des 12 premiers mois du prêt, préavis ≥ 15 jours.
- Amendement Bourquin (2018) : changement possible chaque année à date anniversaire, préavis ≥ 2 mois.
- Loi Lemoine (2022) : changement possible à tout moment, sans préavis fixe et sans frais pour l’emprunteur.
Aujourd’hui, c’est donc la loi Lemoine qui s’applique : vous êtes libre de renégocier votre assurance de prêt quand vous le souhaitez, du début à la fin du crédit, du moment que vous respectez les conditions expliquées ci-dessous.
Conditions à respecter pour changer d’assurance emprunteur
Changer d’assurance de prêt immobilier est un droit, mais certaines conditions doivent être remplies pour que la banque accepte la substitution du contrat. Ces conditions garantissent que le nouveau contrat offre bien une protection suffisante équivalente à l’ancien, afin de ne pas laisser l’emprunt sans couverture adéquate.
Équivalence des garanties : la règle d’or
La condition impérative pour changer d’assurance emprunteur est de présenter à la banque un niveau de garanties au moins équivalent à celui de votre contrat initial. La banque prêteuse a tout à fait le droit de refuser le changement si elle estime que le nouveau contrat n’offre pas une couverture suffisamment comparable (par exemple si certaines garanties importantes manquent ou sont moins étendues). En revanche, elle doit motiver tout refus par écrit, avec un motif légitime lié aux garanties insuffisantes.
En pratique, lors de la souscription du prêt, la banque vous remet une fiche standardisée d’information (FSI) et/ou une fiche personnalisée indiquant les garanties minimales exigées (décès, invalidité, PTIA, etc.) et leurs niveaux (durée de couverture, quotité assurée, exclusions, etc.).
Cette fiche liste également les critères d’équivalence que le nouvel assureur doit remplir. Depuis 2015, un Comité consultatif (CCSF) a établi une liste d’environ 18 critères parmi lesquels chaque banque choisit jusqu’à 11 critères qu’elle juge essentiels pour le prêt concerné. Par exemple, certains critères peuvent porter sur : la couverture des affections du dos et psychiques, la prise en charge en cas de sport à risque, l’absence de délai de carence, la couverture à l’étranger, etc..
À savoir : l’équivalence des garanties ne signifie pas une identité point par point, mais une appréciation globale. La banque doit comparer les contrats sur la base des critères annoncés, sans exiger plus que ce qui était initialement prévu. En d’autres termes, si votre nouveau contrat remplit les exigences figurant dans la fiche d’information de votre prêt, la banque ne peut pas s’opposer à la délégation d’assurance pour ce motif.
Continuité de couverture et absence de carence
Autre condition essentielle : ne jamais se retrouver sans assurance active pendant le prêt. Il faut organiser le changement de sorte que le nouveau contrat prenne effet exactement lorsque l’ancien prend fin. Cela évite toute période de “carence” où le prêt ne serait pas couvert (même quelques jours sans assurance pourraient poser problème en cas de sinistre).
En pratique, la nouvelle assurance doit démarrer le lendemain de la résiliation de l’ancienne, de façon à enchaîner sans interruption. Généralement, on indique dans la lettre de résiliation la date de prise d’effet du nouveau contrat, acceptée par la banque, pour que l’ancien assureur arrête la garantie à la veille de cette date.
Pour anticiper, vous pouvez demander à votre nouvel assureur de fixer la prise d’effet suffisamment loin (par ex. un mois plus tard) le temps de faire les démarches, quitte à avancer une double cotisation sur quelques jours.
Pas d’inquiétude : en cas de chevauchement de contrats, l’ancien assureur doit vous rembourser les primes versées en trop au prorata du chevauchement. L’important est de ne pas avoir de “trou” de couverture pendant la transition.
Conditions médicales : questionnaire de santé et droit à l’oubli
Le profil de santé de l’emprunteur peut influencer le changement d’assurance, car le nouvel assureur va évaluer le risque. Jusqu’en 2022, tout emprunteur devait remplir un questionnaire médical pour que l’assureur calcule le tarif et accepte de couvrir. La loi Lemoine a supprimé cette obligation de questionnaire pour de nombreux cas : si le montant assuré restant dû est ≤ 200 000 € par assuré et que le terme du prêt arrive avant les 60 ans de l’emprunteur, alors aucune formalité médicale ne peut être exigée.
Cela facilite grandement le changement d’assurance pour les petits emprunts ou les emprunteurs relativement jeunes, qui n’ont plus à déclarer d’éventuels problèmes de santé et ne risquent pas de surprime pour ce motif.
En dehors de cette exemption, si votre prêt dépasse 200 000 € ou va au-delà de vos 60 ans, le nouvel assureur pourra vous demander de remplir un questionnaire de santé (voire des examens médicaux selon l’âge et le capital assuré).
Toutefois, là encore la loi Lemoine a assoupli les choses : le droit à l’oubli est passé à 5 ans pour certains antécédents graves. Ainsi, si vous avez été atteint d’un cancer ou d’une hépatite C et que vos traitements sont terminés depuis plus de 5 ans, vous n’êtes pas obligé de le déclarer et l’assureur ne peut pas vous appliquer de surprime sur ce passé médical. De même, la convention AERAS continue de s’appliquer pour faciliter l’assurance des emprunteurs présentant un risque aggravé de santé.
Attention : Si votre état de santé s’est dégradé depuis la souscription initiale (apparition d’une maladie, arrêt du tabac non respecté, etc.), il est possible que le nouveau contrat vous coûte plus cher ou comporte des exclusions de garantie. Dans certains cas, changer d’assurance peut alors ne pas être avantageux. Par exemple, une personne qui a développé une maladie chronique pourrait se voir proposer une assurance alternative avec une surprime importante ou l’exclusion de cette pathologie.
Il faut donc évaluer le rapport bénéfice/risque : les économies potentielles valent-elles la peine si les garanties sont restreintes ou la prime augmentée pour votre profil actuel ? En résumé, plus votre situation de santé est stable ou améliorée, plus le changement d’assurance sera simple et bénéfique. En revanche, en cas de problème de santé récent, mieux vaut comparer très attentivement les offres et éventuellement prendre conseil (médecin, courtier spécialisé) avant de changer.
Respect des procédures de résiliation
Pour que le changement soit valide, il faut suivre la procédure de résiliation prévue par le Code des assurances. Selon l’article L.113-14 du Code, votre demande de résiliation peut être envoyée par tout moyen durable : généralement par lettre recommandée avec accusé de réception (mode le plus usuel pour garder une trace), ou bien par déclaration en agence, acte d’huissier, voire par voie électronique si l’assureur l’accepte.
Depuis le 1ᵉʳ juin 2023, les assureurs qui proposent des contrats en ligne doivent même garantir une option de « résiliation en trois clics » sur internet. Ainsi, si votre contrat a été souscrit en ligne, vous pourriez le résilier directement sur le site de l’assureur en quelques clics (cette facilité vaut pour tous les contrats d’assurance concernés par la loi). Dans tous les cas, précisez bien la date d’effet souhaitée (celle du nouveau contrat) dans votre courrier ou formulaire de résiliation.
Enfin, notez que la banque doit donner son accord sur le nouveau contrat avant que la résiliation prenne effet. L’assurance initiale reste en place tant que vous n’avez pas cette validation (formalisée par un avenant au prêt). Nous détaillons ci-dessous la démarche complète pour mener à bien ce processus de substitution.
Démarches : comment changer d’assurance de prêt immobilier étape par étape
Changer d’assurance emprunteur peut sembler complexe, mais en suivant méthodiquement les étapes, la procédure se déroule généralement sans encombre. Voici le mode d’emploi complet pour effectuer la substitution de votre assurance de prêt :
- Comparer les offres et choisir un nouvel assureur – Commencez par faire jouer la concurrence. Sollicitez des devis d’assurance emprunteur auprès d’assureurs alternatifs (courtiers, assureurs spécialisés, mutuelles, etc.). Comparez le coût total proposé (regardez le TAEA – Taux Annuel Effectif d’Assurance – indicateur du coût réel assurance) mais aussi les garanties en détail. Assurez-vous que le contrat envisagé couvre a minima toutes les garanties exigées par votre banque (voir la fiche standardisée de votre prêt pour la liste des garanties et critères). Astuce : utilisez la liste des critères d’équivalence fournie par la banque pour vérifier point par point que l’offre concurrente les respecte. N’hésitez pas à demander au nouvel assureur une attestation d’équivalence des garanties – beaucoup fournissent un document explicitant comment leurs garanties remplissent les critères de la banque.
- Souscrire le nouveau contrat d’assurance emprunteur – Une fois la meilleure offre identifiée, vous allez remplir les formalités de souscription auprès du nouvel assureur. Cela implique de compléter le questionnaire de santé, sauf si vous entrez dans les cas d’exemption de la loi Lemoine (prêt ≤ 200 000 €, emprunteur < 60 ans) où aucune déclaration médicale n’est requise. Fournissez les documents demandés (relevé d’identité bancaire du prêt, montant du capital restant dû, échéancier, etc.) pour établir le contrat. Après étude de votre dossier (et éventuellement examen médical si requis), l’assureur vous délivrera une proposition d’assurance ou une contrat d’adhésion. Étudiez bien les conditions générales et particulières avant de signer. Important : indiquez une date d’effet du nouveau contrat suffisamment en avance (par exemple dans 1 à 2 mois) pour laisser le temps à la banque de traiter la demande. Vous pouvez toujours avancer cette date plus tard si tout va plus vite que prévu. Ne résiliez pas encore l’ancien contrat à ce stade ; attendez d’avoir l’acceptation formelle de la banque.
- Demander la substitution à la banque prêteuse – Munissez-vous de votre nouvelle attestation d’assurance (ou de la copie du nouveau contrat) et préparez un courrier de demande de changement d’assurance à destination de votre banque (ou de l’organisme de crédit). Dans ce courrier, vous indiquez vouloir résilier l’assurance emprunteur actuelle et la remplacer par le nouveau contrat, en précisant la référence du prêt, les informations du nouveau contrat (nom de l’assureur, numéro de contrat) et la date de prise d’effet souhaitée. Joignez impérativement l’attestation ou les conditions générales du nouveau contrat pour que la banque puisse vérifier les garanties. Envoyez ce dossier à votre banque en recommandé avec AR, ou via le canal prévu (certaines banques acceptent les envois par messagerie sécurisée de l’espace client). Conservez bien l’accusé de réception ou la preuve d’envoi.
- Délai de réponse : La banque dispose légalement de 10 jours ouvrés à partir de la réception de votre demande complète pour vous répondre. Elle doit soit accepter la substitution (si tout est en règle), soit refuser avec une justification précise (par exemple, garanties non équivalentes). Passé ce délai de 10 jours, l’absence de réponse vaut en principe accord tacite. Sachez que depuis la loi Hamon et confirmée par Lemoine, tout refus non motivé ou hors délai expose la banque à une amende administrative pouvant aller jusqu’à 3 000 €. En pratique, relancez votre conseiller bancaire si vous n’avez pas de nouvelles au bout de 8-10 jours ouvrés. Une fois la réponse positive reçue, demandez l’avenant au contrat de prêt stipulant le changement d’assurance et le nouveau TAEG du prêt (la banque doit mettre à jour le taux annuel effectif global en y intégrant le coût de la nouvelle assurance, généralement plus bas).
- Résilier votre ancien contrat d’assurance – Dès que la banque a donné son accord écrit sur le nouveau contrat (ou que le délai est écoulé sans opposition), vous pouvez procéder à la résiliation de l’ancienne assurance. Si votre assurance initiale était le contrat groupe de la banque, souvent l’avenant signé suffit et la banque/assureur interne fera le nécessaire. Par précaution, vous pouvez tout de même envoyer une lettre de résiliation à l’assureur initial (qui peut être la filiale d’assurance de la banque ou un assureur tiers) en rappelant la référence du prêt et la date d’effet du nouveau contrat. Indiquez que, conformément à la loi, vous souhaitez la résiliation à la date du …, et joignez la copie de la confirmation de la banque acceptant le changement. Envoyez cette lettre en recommandé également, idéalement au moins 10 jours avant la prise d’effet du nouveau contrat (ce n’est pas un délai légal strict sous Lemoine, mais une marge de sécurité). L’assureur devra vous envoyer un avenant de résiliation confirmant la fin du contrat. Conservez précieusement ce document. Si un remboursement de prime est dû (en cas de paiement annuel ou d’éventuel double prélèvement), suivez que le virement soit effectué sur votre compte.
- Vérifications finales et suivi – Une fois le nouveau contrat en place et l’ancien clos, assurez-vous que tout est en ordre : le nouveau prélèvement d’assurance est bien mis en place au bon montant, l’ancien prélèvement est arrêté, et l’avenant de votre offre de prêt a été émis par la banque. Normalement, votre échéance de prêt mensuelle devrait diminuer si l’assurance est moins chère, ou rester équivalente si vous avez pris davantage de garanties pour un coût identique. Vérifiez sur le mois suivant que la mensualité globale correspond bien à ce qui est prévu. Si vous constatez une anomalie (par exemple, l’ancienne assurance continue de prélever), contactez sans tarder l’assureur concerné pour régulariser.
En cas de difficulté : Si la banque refusait le changement alors que vous estimez que le nouveau contrat est équivalent, contestez par écrit en récapitulant les garanties et en demandant une réévaluation du dossier. Vous pouvez solliciter le médiateur de la banque en second recours, ou faire appel à l’ACPR (régulateur bancaire) en signalant un non-respect de la loi. De même, si la banque tarde excessivement à traiter (bien au-delà de 10 jours), n’hésitez pas à faire valoir vos droits par courrier recommandé. Heureusement, depuis la loi Lemoine, les cas de refus injustifiés tendent à diminuer grâce à la surveillance des autorités. D’ailleurs, des contrôles de la DGCCRF ont déjà sanctionné des banques pour non-respect des règles de résiliation. Vous avez donc des recours en cas de mauvaise volonté de votre interlocuteur.
Cas vécu : D’après une étude de 2024 sur 4 000+ emprunteurs, 55 % des personnes qui ont changé d’assurance ont dû faire plus de 2 allers-retours administratifs avec leur banque, et dans plus de la moitié des cas la procédure a dépassé le délai légal de 10 jours. Dans un tiers des changements, l’attente a même excédé 20 jours (parfois jusqu’à 2 mois). Ces chiffres illustrent qu’en pratique, des lenteurs ou demandes additionnelles de la banque peuvent survenir (documents manquants, formalités internes…). Ne vous découragez pas : armez-vous de patience et soyez proactif (relances, fourniture rapide des pièces demandées). Au besoin, faites valoir gentiment que la loi impose un traitement rapide. Avec de la persévérance, vous parviendrez à finaliser votre changement d’assurance et à bénéficier de vos nouvelles conditions.
Conclusion : profitez de votre nouveau pouvoir de changer d’assurance
Changer d’assurance de prêt immobilier est plus facile que jamais en 2026, grâce à un cadre légal très favorable aux emprunteurs. Que ce soit pour réduire le coût total de votre crédit (parfois de plusieurs milliers d’euros !) ou pour bénéficier de meilleures garanties, vous avez tout intérêt à étudier régulièrement les offres d’assurance alternatives.
La concurrence entre assureurs, encouragée par les lois Hamon, Bourquin puis Lemoine, vous donne la liberté de renégocier votre assurance emprunteur à tout moment. En respectant l’équivalence des garanties et les démarches de substitution, votre banque ne peut pas s’opposer indûment à votre choix, et la loi vous protège en cas de refus abusif (avec sanctions à la clé).
En pratique, un changement d’assurance emprunteur bien mené peut alléger vos mensualités ou raccourcir la durée du prêt, et ainsi alléger significativement votre budget. Par exemple, de nombreux emprunteurs ont économisé entre 5 000 et 15 000 € sur l’ensemble de leur crédit en optant pour une assurance individuelle moins chère que celle de leur banque.
Néanmoins, gardez en tête qu’il s’agit d’un contrat de protection financière cruciale : privilégiez une assurance fiable et bien couvrante, et pas uniquement le prix le plus bas.
En conclusion, n’hésitez pas à faire jouer la concurrence : demandez des devis, interrogez plusieurs assureurs et utilisez vos droits pour optimiser votre assurance de prêt. Cette démarche, qui pouvait sembler complexe autrefois, est désormais encadrée, sécurisée, et avantageuse pour les consommateurs.
Vous pourriez être surpris des économies réalisées ou des garanties mieux adaptées obtenues en changeant d’assurance emprunteur en cours de prêt. Dans le contexte actuel où chaque euro compte pour le pouvoir d’achat, c’est une opportunité à saisir pour tout propriétaire ayant un crédit immobilier en cours.
Disclaimer : cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil personnalisé. Pour des situations particulières, rapprochez-vous de professionnels ou de vos interlocuteurs bancaires et assureurs. Assurez-vous également de toujours avoir l’accord écrit de la banque avant de résilier votre assurance emprunteur actuelle.
FAQ – Questions fréquentes sur le changement d’assurance emprunteur
En théorie, non, si vous respectez bien la règle d’équivalence des garanties. La banque n’a pas le droit de s’opposer à votre demande de délégation d’assurance si le nouveau contrat présente des garanties au moins équivalentes à l’ancien. Un refus n’est possible qu’en cas de non-respect des conditions exigées (par exemple, si une garantie obligatoire manque ou si le niveau de couverture est inférieur).
Dans ce cas, la banque doit vous communiquer un motif de refus précis et légitime par écrit. Les refus abusifs sont sanctionnés : l’absence de réponse ou un refus non justifié sous 10 jours ouvrés expose la banque à une amende pouvant atteindre 3 000 €.
Si vous pensez que votre banque refuse à tort, vous pouvez contester (d’abord auprès du directeur d’agence, puis via le médiateur bancaire voire action en justice en dernier recours). Dans la grande majorité des cas, en présentant un bon dossier avec garanties équivalentes, le changement d’assurance est accepté. Pensez à bien fournir tous les documents nécessaires et à répondre aux éventuelles demandes complémentaires pour éviter les blocages.
Non. Aucun frais ni pénalité de résiliation ne peuvent vous être facturés lorsque vous changez d’assurance emprunteur, que ce soit durant la première année ou en cours de prêt. La loi Lemoine a clairement établi la gratuité de la résiliation pour l’emprunteur. Autrefois, certaines banques ou assureurs pouvaient mentionner des frais de dossier ou d’avenant, mais ces pratiques ne sont plus légales dans le cadre d’une substitution conforme aux lois Hamon/Bourquin/Lemoine.
Vous n’avez donc rien à payer pour mettre fin à votre ancien contrat (en dehors, bien sûr, de la nouvelle prime d’assurance à régler auprès du nouvel assureur). Veillez simplement à être à jour de vos cotisations avant la résiliation. Si vous aviez payé votre assurance à l’année, l’assureur devra vous rembourser au prorata les mois non couverts suite à la résiliation. De même, la banque ne peut pas modifier le taux de votre prêt ou exiger des frais parce que vous changez d’assurance : elle doit conserver les conditions du crédit initial.
Conseil : assurez-vous que le nouvel assureur prend bien en charge les démarches de résiliation. Souvent, ils proposent d’aider à envoyer la lettre de résiliation à votre place. Dans tous les cas, la transition ne devrait rien vous coûter de plus que votre nouvelle assurance elle-même.
Pas forcément. Depuis la loi Lemoine, de nombreux emprunteurs peuvent changer d’assurance sans aucune formalité médicale. Si le montant total de votre prêt restant dû est inférieur ou égal à 200 000 € (par personne assurée) et que le remboursement du crédit prendra fin avant votre 60e anniversaire, alors le nouvel assureur n’a pas le droit de vous demander un questionnaire de santé ni un examen médical. Vous pourrez donc adhérer au nouveau contrat sans déclarer vos antécédents médicaux, ce qui est un avantage important si votre état de santé a évolué (par exemple si vous avez eu des soucis de santé depuis la souscription initiale).
Pour les autres cas (prêt plus élevé ou se terminant après 60 ans), le questionnaire de santé reste la norme lors d’un changement d’assurance. Vous devrez signaler vos éventuels problèmes de santé, traitements en cours, hospitalisations passées, etc., comme lors de la première souscription. Toutefois, sachez que le droit à l’oubli vous permet de ne pas déclarer certains anciens problèmes graves : un cancer ou une hépatite C datant de plus de 5 ans (et guéri) n’a pas à être mentionné et ne peut pas justifier de surprime. De plus, la convention AERAS aide à obtenir une couverture même en cas de risque aggravé, bien que souvent avec des conditions tarifaires spéciales.
En résumé, pour un grand nombre d’emprunteurs (prêts modestes ou milieu/fin de remboursement), le changement d’assurance est possible sans questionnaire médical, ce qui élimine un frein important. Si vous devez en remplir un, répondez avec honnêteté et précision. Un conseil : si votre état de santé s’est amélioré (arrêt du tabac depuis plus de 2 ans, perte de poids, fin de traitement médical…), signalez-le, car vous pourriez obtenir un tarif plus avantageux qu’à l’époque où vous étiez moins en forme. À l’inverse, si vous avez de nouveaux problèmes de santé, comparez bien les offres car certains assureurs sont plus souples que d’autres sur certaines pathologies. L’important est de toujours avoir une assurance en place, même avec exclusions ou surprimes, pour protéger votre emprunt.
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Clair Caillon est courtier en assurances, fondateur de Handi-Assur et spécialiste depuis près de 30 ans de l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Il est régulièrement décrit par ses clients comme très à l’écoute, réactif, humain et capable de débloquer des dossiers complexes que les assureurs « classiques » refusent.
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Qu’est-ce que l’assurance décès et comment fonctionne-t-elle ?
Personne n’aime envisager le pire, mais anticiper financièrement son décès est un acte d’amour et de responsabilité envers ses proches. Pourtant, deux Français sur trois ne disposent d’aucune assurance décès pour protéger leur famille. L’assurance décès, aussi appelée assurance en cas de décès, est un contrat de prévoyance conçu précisément pour offrir une sécurité financière aux êtres chers si l’imprévu survient.
Cet article vous explique de façon claire ce qu’est l’assurance décès, son principe de fonctionnement, ce qu’elle couvre réellement, ainsi que les différences avec une assurance vie classique. Vous y trouverez des exemples concrets, des chiffres clés et des sources officielles pour mieux comprendre ce dispositif et évaluer son intérêt pour protéger vos proches.
Un contrat d’assurance décès garantit le versement d’un capital aux bénéficiaires désignés en cas de décès de l’assuré. Ici, un conseiller présente un contrat à un souscripteur potentiel.
Dernière mise à jour : 17 décembre 2025
Définition de l’assurance décès
L’assurance décès est un contrat d’assurance de personnes (prévoyance) qui garantit le versement d’un capital ou d’une rente à des bénéficiaires désignés si l’assuré décède pendant la durée de validité du contrat.
En d’autres termes, c’est une couverture “risque décès” sans valeur d’épargne : l’assuré paie des cotisations régulières et, en cas de décès, l’assureur verse la somme prévue aux proches (conjoint, enfants, etc.) afin de compenser la perte de revenus ou de faire face aux dépenses immédiates liées au décès (loyers, éducation des enfants, etc.).
Contrairement à une assurance vie « classique » qui est avant tout un produit d’épargne et de placement, l’assurance décès est une assurance pure orientée protection : elle ne doit pas être confondue avec l’assurance vie, dans laquelle le souscripteur peut récupérer une épargne de son vivant.
De même, à ne pas confondre avec l’assurance obsèques (parfois appelée contrat obsèques), qui elle est spécifiquement destinée à couvrir l’organisation et les frais des funérailles et non à soutenir financièrement la famille sur le long terme. L’assurance décès vise avant tout à assurer l’avenir économique de vos proches, et non simplement à payer vos obsèques.
En résumé, souscrire une assurance décès permet, moyennant des cotisations modiques, de mettre ses proches à l’abri du besoin en garantissant le versement d’un capital important en cas de disparition prématurée. C’est un acte préventif qui offre une tranquillité d’esprit : on sait que ses proches recevront un soutien financier au moment le plus difficile.
Comment fonctionne une assurance décès ?
Principe général : Le fonctionnement d’une assurance décès est similaire à celui des autres assurances de prévoyance. Le souscripteur (l’assuré) verse des primes (cotisations) périodiques à l’assureur. En échange, l’assureur s’engage contractuellement à verser la prestation prévue (un capital fixe, ou parfois une rente) aux bénéficiaires désignés si le décès de l’assuré survient pendant la période couverte. Le montant du capital garanti est déterminé dès la souscription du contrat et reste fixe (par exemple, 100 000 € payés au bénéficiaire en cas de décès).
- Durée du contrat : L’assurance décès peut être temporaire ou vie entière. Dans un contrat temporaire décès, la couverture est limitée à une période définie à l’avance (par exemple 1, 5, 10 ou 20 ans, ou jusqu’à un âge limite). Si l’assuré décède durant cette période, le capital est versé; en revanche, si le contrat arrive à son terme sans décès, il prend fin sans aucun versement et sans valeur de rachat – les cotisations versées sont alors “à fonds perdus”. Cette formule temporaire est la plus répandue pour protéger un besoin ponctuel (jusqu’à ce que les enfants soient financièrement autonomes, ou pour couvrir la durée d’un prêt immobilier, etc.). À l’inverse, une assurance décès “vie entière” couvre l’assuré pour la durée indéterminée de toute sa vie : le décès étant un événement certain à long terme, l’assureur paiera quoi qu’il arrive à la mort de l’assuré (sauf exclusions prévues). Ce type de contrat garantit donc le versement du capital quelle que soit la date du décès et sans limite de temps. En contrepartie, les cotisations d’une assurance vie-entière sont beaucoup plus élevées qu’un contrat temporaire, car le risque assuré (décès inéluctable) est certain sur le long terme. Certaines formules viagères peuvent prévoir le paiement des primes jusqu’à un âge donné (ex : 90 ans), au-delà duquel l’assuré est couvert sans cotisation supplémentaire.
- Cotisations et calcul du coût : Le montant de la prime d’assurance décès dépend principalement du capital garanti choisi et de la situation personnelle de l’assuré (âge, sexe, état de santé, antécédents médicaux, fumeur ou non, profession à risque, etc.). En pratique, plus l’assuré est âgé au moment de la souscription, plus la cotisation sera élevée pour un capital donné, car le risque de décès est plus grand. Par exemple, pour un capital assuré de 10 000 €, la cotisation peut être d’environ 40 € par an à 50 ans, mais grimper à 100 € par an à 60 ans et jusqu’à 250 € par an à 70 ans. Cela illustre que le coût augmente fortement avec l’âge de l’assuré. À l’inverse, souscrire jeune permet de bénéficier de primes annuelles très faibles. Les cotisations peuvent être prélevées mensuellement, trimestriellement ou annuellement selon les contrats. > Illustration : D’après un exemple fourni par le Service Public, un parent d’un enfant de 12 ans peut souscrire une assurance décès avec un versement d’environ 10 € par mois pour garantir un capital de 30 000 € à son conjoint en cas de décès prématuré. On voit qu’une faible cotisation mensuelle suffit à offrir une protection significative.
- Absence de valeur de rachat : Il faut noter qu’à la différence d’une assurance vie épargne, une assurance décès n’a pas de valeur de rachat ni d’épargne accumulée. Si vous décidez de résilier le contrat en cours de route ou si vous arrivez au terme d’un contrat temporaire sans que le risque ne se réalise, vous ne récupérez pas les sommes versées (ces primes ont servi à couvrir le risque pendant la période, on parle de cotisations “à fonds perdus”). Ce principe peut sembler frustrant si aucun décès n’est survenu – mais c’est justement le fonctionnement normal d’une assurance : les primes versées par tous les assurés permettent de mutualiser le risque et de verser de gros capitaux aux rares familles touchées par un décès prématuré. En somme, aucun remboursement n’est dû en l’absence de sinistre, comme pour une assurance auto sans accident par exemple. L’avantage est que, pour un coût modique, la famille est protégée d’un drame financier en cas de coup dur.
- Désignation des bénéficiaires : Lors de la souscription, l’assuré doit désigner le ou les bénéficiaires qui percevront le capital en cas de décès. Il est libre de choisir toute personne (conjoint, partenaire, enfant, autre membre de la famille, associé, etc.), ou même une association. En l’absence de bénéficiaire explicitement désigné, le contrat prévoit par défaut que le capital ira au conjoint survivant ou, si l’assuré n’était pas marié, à ses enfants ou héritiers légaux. L’assuré peut modifier la clause bénéficiaire à tout moment par avenant ou testament, selon les modalités du contrat. Attention : il n’est pas possible d’être soi-même bénéficiaire de son contrat d’assurance décès (puisqu’il ne se déclenche qu’au décès de l’assuré). Cela distingue bien l’assurance décès d’un contrat d’épargne où l’on peut récupérer son argent. Lors du décès, ce sont les bénéficiaires désignés qui devront faire la demande de versement auprès de l’assureur, en fournissant les justificatifs (acte de décès, pièces d’identité, etc.). Le paiement du capital intervient généralement dans un délai d’un mois à deux mois après réception des documents conformes.
- Capital versé ou rente : Le plus souvent, l’assurance décès prévoit le versement d’un capital unique aux bénéficiaires. Toutefois, certaines formules offrent une rente au bénéficiaire au lieu d’un capital, notamment pour assurer un revenu régulier au conjoint survivant ou aux enfants. Par exemple, il existe la rente éducation versée aux enfants jusqu’à un âge limite (21 ou 25 ans) afin de financer leurs études en cas de décès du parent assuré. De même, on peut prévoir une rente viagère pour le conjoint (une somme versée à vie, calculée selon son espérance de vie restante). Le choix entre capital et rente se fait à la souscription en fonction des besoins : un capital sert à faire face aux dépenses immédiates (rembourser un crédit, payer des droits de succession, etc.), tandis qu’une rente permet de compenser une perte de revenu sur la durée. Dans certains contrats, l’assuré peut même opter pour une combinaison des deux (par exemple un capital + une rente éducation).
En résumé, le mécanisme est simple : vous cotisez pour couvrir un risque et, si ce risque survient (votre décès), l’assureur verse l’argent prévu à vos proches. Sinon, le contrat s’éteint sans qu’aucune somme ne soit versée, car il n’y a pas eu de sinistre – c’est le principe même de la prévoyance.
Que couvre l’assurance décès ? (Garanties et exclusions)
L’assurance décès couvre, par définition, le décès de l’assuré, quelle qu’en soit la cause (maladie, accident, vieillesse…) dès lors que le décès survient pendant la période de validité du contrat. Les bénéficiaires perçoivent alors le capital ou la rente prévus, à utiliser librement – par exemple pour payer les charges courantes, rembourser un éventuel prêt immobilier restant, financer les études des enfants, ou tout autre besoin financier consécutif à la disparition de l’assuré. L’objectif fondamental est de compenser la perte de revenus du fait du décès, surtout si l’assuré était un soutien de famille principal.
Garanties incluses et optionnelles : Bien que la garantie de base soit le risque de décès toutes causes (c’est-à-dire par maladie ou accident, sans distinction), de nombreux contrats d’assurance décès comportent des garanties complémentaires pour élargir la protection. On peut citer notamment :
- La garantie PTIA (Perte Totale et Irréversible d’Autonomie) – Souvent incluse d’office ou proposée en option, elle prévoit le versement anticipé du capital si l’assuré est frappé d’une invalidité très grave avant un certain âge (généralement avant 60 ou 65 ans) le rendant incapable d’exercer toute activité et nécessitant l’assistance d’une tierce personne pour les actes de la vie quotidienne (on parle d’invalidité absolue, équivalente à un décès sur le plan financier). La PTIA permet donc de protéger l’assuré lui-même et ses proches en cas de handicap majeur.
- La garantie décès accidentel majorée – Certains contrats prévoient que si le décès résulte d’un accident (au sens assurantiel, c’est-à-dire un événement soudain, imprévu et externe), le capital versé sera doublé ou augmenté d’un montant prédéfini. Par exemple, un contrat peut stipuler un capital standard de 100 000 € en cas de décès par maladie, porté à 200 000 € en cas d’accident. Ce type de clause offre une protection accrue pour des risques spécifiques (accident de la route, etc.) souvent à moindre coût supplémentaire.
- Des garanties d’incapacité de travail ou d’invalidité partielle – Par extension, certains assureurs proposent dans le même contrat décès des garanties de rente d’invalidité ou d’indemnisation en cas d’incapacité temporaire de travail (ITT) suite à un accident ou une maladie. Ces garanties relèvent davantage de l’assurance “prévoyance incapacité/invalidité” et peuvent exiger des surprimes. Elles permettent par exemple de percevoir une rente mensuelle si l’assuré ne peut plus travailler pendant plus de X mois. Attention : ces options varient beaucoup d’un contrat à l’autre et comportent des conditions précises (délai de carence, franchise, seuil d’invalidité reconnu, durée maximale d’indemnisation, etc.).
- La garantie maladie grave (ou “arrêt de travail”) – Dans le même esprit, certains contrats couvrent certaines maladies graves survenues après la souscription (par ex. cancer diagnostiqué en cours de contrat) en versant une avance sur le capital décès ou une rente pendant la durée de la maladie. Il peut aussi s’agir d’une rente éducation dont nous avons parlé, pour garantir la poursuite des études des enfants jusqu’à un âge donné.
En pratique, l’assurance décès peut donc être modulable et constituer un véritable contrat de prévoyance complet, couvrant non seulement le décès, mais aussi les conséquences des accidents de la vie ou de maladies graves, selon les garanties choisies. Lors de la souscription, il est essentiel de bien définir les options dont vous avez besoin en fonction de votre situation familiale et professionnelle.
Exclusions et limites de garantie : Comme tout contrat d’assurance, l’assurance décès comporte certaines exclusions standard à connaître. La principale exclusion légale concerne le suicide de l’assuré la première année du contrat : en cas de suicide survenant dans les 12 premiers mois, l’assureur est légalement en droit de ne pas verser le capital aux bénéficiaires. Cette règle vise à éviter les souscriptions frauduleuses in extremis. Passé ce délai d’un an (parfois étendu à 2 ou 3 ans selon les contrats), le suicide est couvert comme n’importe quel autre décès. Une autre exclusion universelle : aucun bénéficiaire n’aura droit au capital s’il est établi qu’il a volontairement provoqué le décès de l’assuré (par exemple en cas d’homicide) – dans ce cas, les autres bénéficiaires éventuels ou, à défaut, les héritiers légaux recevraient le capital à sa place. Par ailleurs, sont souvent exclues les morts résultant d’une faute intentionnelle ou d’une activité illicite de l’assuré (par exemple, un décès lors de la participation à un crime peut entraîner la déchéance de la garantie). Certains contrats excluent ou limitent également le décès causé par des actes de guerre ou par la pratique de sports très dangereux non déclarés à l’assureur. Enfin, il est crucial de répondre honnêtement au questionnaire de santé lors de l’adhésion : une fausse déclaration intentionnelle de l’assuré (par ex. cacher une maladie grave en cours) peut entraîner la nullité du contrat pour réticence, et donc l’absence de toute prestation pour les bénéficiaires (article L113-8 du Code des assurances).
En dehors de ces cas particuliers, tous les décès imprévus sont couverts qu’ils soient dus à une maladie (cancer, crise cardiaque, Covid-19…) ou à un accident. La garantie s’exerce 24h/24 dans le monde entier, dès lors que vous êtes assuré et à jour de vos cotisations. C’est cette large couverture qui fait de l’assurance décès un filet de sécurité financière indispensable pour de nombreuses familles, notamment celles dépendant fortement des revenus d’une personne.
À noter : Vous pouvez déjà bénéficier d’une forme d’assurance décès sans le savoir, via d’autres dispositifs : par exemple, la plupart des salariés cadres disposent obligatoirement d’une garantie décès collective par leur employeur (prévoyance d’entreprise), et tout emprunteur ayant un crédit immobilier a forcément une assurance emprunteur incluant une garantie décès pour solder le capital restant dû à la banque en cas de décès. Cependant, ces couvertures sont limitées à un contexte précis (respectivement, un capital souvent modeste versé par l’assurance collective aux ayants droit, ou le remboursement du seul prêt immobilier à la banque). Elles ne remplacent pas une assurance décès individuelle complète où vous choisissez librement le montant à léguer et le bénéficiaire. Il est donc recommandé de faire le point sur les protections dont vous bénéficiez déjà et d’évaluer si elles sont suffisantes pour mettre votre famille à l’abri en toutes circonstances.
Assurance décès vs assurance vie : quelles différences ?
Il existe souvent une confusion entre l’assurance décès et l’assurance vie, alors qu’il s’agit de deux contrats bien distincts, répondant à des objectifs différents. Voici les principales différences à retenir :
- Nature du contrat : L’assurance décès est un contrat de prévoyance (assurance de risque pur), tandis que l’assurance vie est un contrat d’épargne avant tout (avec une composante assurantielle). En assurance décès, l’événement déclencheur est exclusivement le décès de l’assuré – c’est un risque incertain (sauf contrat viager) et si cet événement ne survient pas pendant la durée couverte, l’assureur n’a rien à verser. À l’inverse, une assurance vie (dans sa forme la plus répandue “mixte”) prévoit deux issues possibles : soit le décès de l’assuré, soit la survie de l’assuré à l’échéance du contrat, les deux cas donnant lieu au versement d’une prestation. L’assurance vie couvre donc à la fois le risque de décès et un objectif d’épargne à long terme (on parle de contrat en cas de vie et/ou en cas de décès).
- Objectif et utilisation : L’objectif d’une assurance décès est de protéger sa famille ou ses proches contre les conséquences financières d’un décès prématuré, rien de plus. C’est un outil de prévoyance, souvent comparé à une “assurance temporaire” qu’on espère ne pas devoir « utiliser ». De son côté, l’assurance vie est principalement un placement financier souple et avantageux sur le plan fiscal, destiné à constituer un capital ou à transmettre un patrimoine. On souscrit une assurance vie pour épargner, investir sur des supports financiers et éventuellement préparer sa succession, avec la possibilité de retirer son argent à tout moment en cas de besoin. En résumé, assurance décès = protéger ses proches, assurance vie = faire fructifier son épargne (tout en prévoyant un capital en cas de décès).
- Versement des prestations : En assurance décès, le bénéficiaire ne peut être qu’un tiers (vous désignez quelqu’un car le capital est versé après votre décès). Par définition, l’assuré ne profitera pas directement du capital assuré, hormis la satisfaction de savoir ses proches protégés. Au contraire, dans un contrat d’assurance vie, le souscripteur est très souvent bénéficiaire de son vivant : il peut effectuer des rachats (retraits) sur son contrat quand il le souhaite et récupérer son épargne accumulée, ou attendre l’échéance pour toucher le capital s’il est toujours en vie. En cas de décès, l’assurance vie joue alors un rôle similaire à l’assurance décès en versant le capital aux bénéficiaires désignés, mais sinon, c’est l’assuré lui-même qui bénéficie de l’épargne constituée. On dit souvent que l’assurance vie est “une assurance dont on peut être le bénéficiaire”. L’assurance décès, non.
- Cotisations vs épargne : Les primes versées dans une assurance décès sont des cotisations calculées en fonction du risque de décès – elles payent la garantie, mais n’accumulent pas de valeur pour l’assuré. C’est de l’argent “consommé” pour la couverture du risque, comme pour une assurance auto. À l’inverse, dans une assurance vie, les versements du souscripteur sont capitalisés sur des supports (fonds euros garantis, unités de compte en actions/obligations, etc.) pour former une épargne. Au fil du temps, cette épargne produit des intérêts ou plus-values, qui viennent augmenter le capital du contrat. Ainsi, l’assurance décès n’offre aucun rendement financier (puisqu’elle n’est pas un placement), alors que l’assurance vie peut générer un rendement et faire fructifier le patrimoine.
- Durée et fin de contrat : Un contrat d’assurance décès est souvent temporaire (ex : jusqu’à vos 65 ans). S’il arrive à échéance sans décès, il prend fin sans valeur, comme expliqué plus haut. Il peut aussi être viager (vie entière) et alors durer jusqu’au décès. En comparaison, un contrat d’assurance vie n’a pas de durée fixe imposée : on peut l’alimenter et le retirer à tout moment, et généralement on le conserve de nombreuses années pour bénéficier d’avantages fiscaux après 8 ans de détention. Il se termine soit par un rachat total (on récupère tout le capital) soit par le décès de l’assuré. Notons qu’il existe même des contrats mixtes vie et décès (peu commercialisés à ce jour) qui garantissent le versement d’un capital dans tous les cas : à l’assuré s’il est en vie au terme, ou aux bénéficiaires s’il décède avant le terme.
- Questionnaire de santé : Les deux types de contrats peuvent exiger un questionnaire de santé à la souscription, mais l’enjeu n’est pas le même. Pour l’assurance décès (risque pur), l’assureur évalue très strictement le profil médical du candidat, surtout pour de gros capitaux ou à partir d’un certain âge, afin de fixer une prime adaptée au risque ou d’écarter un risque trop élevé. Un bilan médical ou des examens peuvent être demandés. En assurance vie épargne, le questionnaire médical est souvent allégé voire inexistant pour les contrats en euros (car le risque pour l’assureur est faible : il restitue simplement l’épargne en cas de décès). Cependant, certaines assurances vie comportant des garanties décès renforcées ou des options d’assurance peuvent aussi nécessiter une sélection médicale. Bon à savoir : depuis la loi Lemoine 2022, les assureurs n’imposent plus de questionnaire de santé pour les assurances emprunteur de prêt immobilier inférieures à 200 000 € par personne (et échéance de prêt avant les 60 ans de l’emprunteur) – mais cela concerne le prêt immobilier, pas les contrats décès individuels classiques. Pour une assurance décès hors emprunt, la sélection médicale reste la norme au-delà de certains montants.
- Fiscalité : Les deux produits bénéficient d’un régime fiscal favorable pour la transmission du capital au décès de l’assuré. En règle générale, le capital versé au bénéficiaire d’une assurance décès n’entre pas dans la succession de l’assuré et n’est donc pas soumis aux droits de succession classiques. Il y a toutefois des limites et conditions équivalentes à celles de l’assurance vie (article 990 I du CGI) : pour les primes versées avant les 70 ans de l’assuré, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 € (sommes reçues exonérées jusqu’à ce montant) et, au-delà, paiera un prélèvement forfaitaire de 20 % sur la part reçue entre 152 500 € et 700 000 €, puis 31,25 % au-delà de 700 000 €. En clair, sauf à transmettre des capitaux très importants, le bénéficiaire d’une assurance décès ne paiera que peu ou pas d’impôts sur la somme reçue, ce qui est un atout majeur du dispositif. Pour les primes versées après 70 ans, la fiscalité change : un abattement global de 30 500 € s’applique sur l’ensemble des bénéficiaires, puis la fraction au-delà est soumise aux droits de succession selon le lien de parenté (règles identiques à l’assurance vie, article 757 B du CGI). À noter que si le bénéficiaire est le conjoint marié ou partenaire de Pacs, il est totalement exonéré de droits de succession sur les capitaux décès, comme pour l’assurance vie. Enfin, différence notable : en assurance vie, les intérêts et gains générés par le contrat sont soumis à une fiscalité spécifique en cas de retrait (impôt sur le revenu ou PFU, avec abattements après 8 ans), tandis qu’en assurance décès il n’y a pas de notion de gain ou d’intérêts (puisque pas d’épargne), donc pas d’imposition sur des retraits (il n’y en a pas). Le bénéficiaire d’une assurance décès n’a rien à déclarer au fisc au titre de l’impôt sur le revenu, et le capital décès est versé net de toute taxe (hors éventuels prélèvements forfaitaires évoqués ci-dessus).
En synthèse, assurance décès et assurance vie poursuivent des buts différents tout en partageant le point commun d’organiser la transmission d’un capital hors succession. L’assurance décès relève de la prévention familiale (protéger financièrement sa famille contre un drame imprévu), tandis que l’assurance vie est un outil patrimonial (faire fructifier une épargne disponible tout en préparant sa succession). Selon vos objectifs – protéger vos proches ou épargner pour vous-même – vous n’opterez pas pour le même contrat. Il est aussi possible de cumuler les deux : beaucoup de Français détiennent une assurance vie comme placement, et souscrivent en parallèle une assurance décès pour un capital complémentaire dédié à la sécurité financière de leur famille en cas de coup dur. D’ailleurs, comme illustré plus haut, un même ménage peut utiliser conjointement les deux formules de manière cohérente (épargne programmée d’un côté, protection risque de l’autre)
Conclusion : assurer l’avenir de ses proches
En conclusion, l’assurance décès se révèle un outil précieux pour préserver l’équilibre financier de sa famille face à un événement tragique. En échange d’un coût modéré, elle garantit un capital conséquent à ceux qui comptent sur vous, évitant ainsi que la disparition d’un être cher ne se double d’une détresse matérielle. Nous avons vu comment fonctionne ce contrat : des cotisations mutualisées, pas d’épargne récupérable, mais une protection efficace contre le risque de décès prématuré. C’est une sécurité qui profite avant tout à vos proches, et qui se distingue bien d’une assurance vie orientée épargne.
Si vous avez des personnes à charge (enfants mineurs, conjoint dépendant, prêts en cours, etc.), souscrire une assurance décès peut être vivement conseillé afin de les protéger. Le capital versé pourra par exemple payer les études des enfants, rembourser un emprunt immobilier, ou maintenir le niveau de vie du foyer pendant plusieurs années. Même pour les célibataires sans enfant, une assurance décès peut servir à alléger le poids des frais d’obsèques pour la famille ou à transmettre un coup de pouce financier à des proches, sans fiscalité lourde.
Avant de souscrire, prenez le temps de comparer les offres et de bien définir vos besoins : quel capital serait nécessaire pour mettre vos proches à l’abri ? Pendant combien de temps avez-vous besoin de cette couverture (jusqu’à la retraite, jusqu’à la fin d’un crédit…) ? Préférez-vous un versement en rente ? Vérifiez aussi les clauses d’exclusion, les délais de carence et l’évolution des primes avec l’âge. N’hésitez pas à solliciter les conseils d’un courtier ou d’un conseiller en assurance pour trouver le contrat le mieux adapté à votre situation familiale et budgétaire.
En fin de compte, l’assurance décès est une preuve de prévoyance et d’amour pour vos proches. Elle ne fera pas disparaître la peine, mais elle évitera que s’y ajoute des soucis financiers. Comme le résume une enquête récente, 40 % des parents trentenaires et quadragénaires voient dans l’assurance décès un moyen d’assurer l’avenir financier de leurs enfants (financer des études, un projet immobilier, etc.). C’est un soutien sur lequel ils pourront compter lorsque vous ne serez plus là, et qui apportera, à vous-même de votre vivant, une sérénité inestimable.
Informations utiles et références : Pour toute question complémentaire sur les assurances de prévoyance, vous pouvez consulter des sources officielles comme le site du Service Public (service-public.fr) ou celui de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution. Par exemple, l’Assurance Banque Épargne Info Service (ACPR / Banque de France) met à disposition un numéro de téléphone national 34 14 pour renseigner les particuliers sur les produits d’assurance, du lundi au vendredi de 8h à 18h. N’hésitez pas à les contacter ou à vous rapprocher d’un conseiller professionnel pour être accompagné dans vos démarches.
Disclaimer : Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil personnalisé en assurance ou en finance. Les caractéristiques des contrats peuvent varier selon les assureurs ; il est donc recommandé de lire attentivement les conditions générales et de vous faire conseiller par un professionnel certifié avant de prendre une décision.
Article mis à jour le 17 décembre 2025.
Article écris par :

Clair Caillon est courtier en assurances, fondateur de Handi-Assur et spécialiste depuis près de 30 ans de l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Il est régulièrement décrit par ses clients comme très à l’écoute, réactif, humain et capable de débloquer des dossiers complexes que les assureurs « classiques » refusent.
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Loi Lemoine : ce qui change pour l’assurance emprunteur
Depuis la promulgation de la loi Lemoine (loi n°2022-270 du 28 février 2022), de nouvelles dispositions simplifient l’assurance de prêt immobilier. Cette réforme majeure offre aux emprunteurs un droit de résiliation à tout moment et sans frais de leur assurance emprunteur.
Elle instaure aussi la suppression du questionnaire de santé pour les prêts répondant à certaines conditions (quotité assurée ≤200 000 € et terme du prêt avant 60 ans) et réduit le droit à l’oubli pour les anciens malades (notamment après un cancer) à 5 ans à la fin du traitement. Cet article détaille ces nouveautés, les profils concernés et les démarches pour changer d’assurance grâce à la loi Lemoine.
Dernière mise à jour : 17 décembre 2025
Résiliation libre de l’assurance emprunteur
La loi Lemoine permet à tout emprunteur de changer d’assurance de prêt quand il le souhaite, sans attendre la fin de la première année. Concrètement, à compter du 1ᵉʳ juin 2022 pour les nouvelles offres (et du 1ᵉʳ septembre 2022 pour les contrats en cours), vous pouvez résilier votre assurance emprunteur à tout moment et sans frais.
Cela annule la clause « douze mois incompressibles » du précédent régime (lois Hamon et Bourquin) et rend la résiliation aussi simple qu’une mise à jour de votre contrat de prêt.
- Les assureurs doivent informer chaque année leurs assurés de ce droit de résiliation. Par exemple, un emprunteur peut recevoir un avis de sa mutuelle ou banque précisant qu’il peut changer d’assureur à tout moment.
- Les banques doivent afficher le coût total de l’assurance sur 8 ans pour permettre la comparaison.
Comment résilier en pratique ? La demande de résiliation suit les modalités de l’article L.113-14 du Code des assurances. Par exemple, vous pouvez l’adresser à votre assureur :
- Par courrier postal (lettre recommandée) ou tout autre support durable (papier imprimé)
- Par déclaration écrite au siège de l’assureur ou à son représentant
- Par voie électronique, selon le mode en ligne que l’assureur propose pour souscrire (e-mail ou plateforme web)
Depuis le 1ᵉʳ juin 2023, tous les contrats peuvent être résiliés en « trois clics » en ligne, même s’ils avaient été souscrits en agence.
Une fois la demande faite, la banque dispose de 10 jours ouvrés pour accepter le nouveau contrat d’assurance présenté ou refuser – en motivant cette décision par une non-équivalence des garanties.
En cas de refus injustifié, le médiateur ou l’autorité de contrôle (ACPR) peut être saisi. Plus de la moitié des emprunteurs devraient pouvoir profiter de ces dispositions sans changement notable de coût ni de garanties, puisque le nouveau contrat doit simplement reprendre au moins les garanties minimales exigées (décès, invalidité, etc.)
Suppression du questionnaire médical sous conditions
Traditionnellement, tout emprunteur remplissait un questionnaire de santé avant de souscrire son assurance de prêt. La loi Lemoine supprime cette obligation dans certains cas de figure. Concrètement, pas de questionnaire si :
- La quote-part assurée du prêt par personne ne dépasse pas 200 000 €.
- Le remboursement total du prêt est prévu avant le 60ᵉ anniversaire de l’assuré.
Cette règle s’applique par assuré : pour un couple emprunteur, le plafond est donc de 400 000 € au total (200 000 € par personne). Elle concerne tous les crédits relevant de l’assurance emprunteur (immobilier, conso, etc.) sur cette base.
Par exemple, un emprunteur en couple qui assiste conjointement un prêt de 360 000 € (180 000 € chacun) n’aura plus à remplir le questionnaire, alors qu’un prêt de 450 000 € réparti en 225 000 € par personne l’exigerait encore.
Exemple : Mme Dupont, 40 ans, ancienne atteinte du cancer (remission depuis 6 ans), souscrit un prêt immobilier de 150 000 € seul. Sans le questionnaire (ici, part assurée ≤200k et fin avant 60 ans), l’assureur ne peut plus demander de détail sur son cancer ni imposer de surprime liée à cette pathologie.
Un décret d’application pourra fixer ultérieurement des plafonds d’âge ou de montant plus favorables. Selon le rapport d’application de la loi, cette mesure devrait concerner plus de 50 % des nouveaux prêts immobiliers.
Le but est d’éviter que les anciens malades ou autres profils dits « à risque » ne soient pénalisés financièrement par des surprimes excessives pour des montants de prêt raisonnables.
Droit à l’oubli élargi pour anciens malades
La loi Lemoine améliore en parallèle la convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) en réduisant les délais du droit à l’oubli. Jusqu’ici, un ancien patient d’un cancer (ou d’hépatite C) devait généralement attendre 10 ans après la fin de son traitement avant de pouvoir l’omettre sur son questionnaire. La loi Lemoine ramène ce délai à 5 ans pour tous les patients ayant souffert d’un cancer, et l’étend aux personnes guéries d’une hépatite C. Concrètement :
- Si vous avez été traité d’un cancer (ou d’hépatite C) et que 5 ans se sont écoulés sans récidive, vous n’avez plus à déclarer cette maladie à l’assureur du prêt.
- Ce principe s’applique quel que soit l’âge de l’emprunteur (jusqu’à la 71ᵉ année au plus tard) et pour tous les crédits (immobilier ou consommation) garantis par l’assurance emprunteur.
Un accord de négociation est prévu pour étendre potentiellement ce droit à l’oubli à d’autres pathologies graves (par exemple certaines maladies chroniques) d’ici fin 2022.
Ces avancées facilitent grandement l’accès à l’assurance pour de nombreux anciens malades : par exemple, selon la loi, un emprunteur guéri d’un cancer en 2017 pourra désormais souscrire un prêt en 2024 sans voir son risque médical pris en compte dans le tarif
Comment changer d’assurance emprunteur ?
Grâce à ces dispositions, vous pouvez changer d’assurance (ou choisir une assurance externe) même après l’offre de prêt signée, sous réserve d’équivalence des garanties. Pour ce faire :
- Vérifiez vos garanties minimales : la fiche standardisée fournie par la banque indique les couvertures (décès, ITT, IPT…) et niveaux exigés. Votre nouveau contrat doit les respecter.
- Demandez des devis concurrents : comparez différentes offres d’assurance (assureurs, mutuelles) pour trouver un contrat équivalent ou plus avantageux.
- Envoyez la demande de résiliation à votre assureur actuel, en précisant la date de début d’effet du nouveau contrat. Comme indiqué plus haut, cette demande peut être envoyée par lettre, courriel ou en ligne selon le contrat.
- Envoyez la demande de substitution à la banque (avec la proposition du nouvel assureur). La banque a 10 jours ouvrés pour valider le nouveau contrat ou, le cas échéant, justifier un refus (généralement lié à une non-équivalence de garanties).
Ces étapes sont simples et sans frais supplémentaires. Par exemple, Mme Lefèvre, 35 ans, a profité de la loi Lemoine pour faire jouer la concurrence : en décembre 2022 elle a comparé deux devis pour son prêt de 120 000 €, envoyé un mail à son assureur puis un dossier complet à sa banque. Trois semaines plus tard, son nouveau contrat était accepté sans frais
Conclusion
La loi Lemoine libéralise véritablement l’assurance emprunteur en donnant plus de pouvoir au souscripteur. Résiliation facile, absence de questionnaire pour la plupart des prêts courants, et droit à l’oubli grandement simplifié : ces mesures visent à renforcer la concurrence et l’accès au crédit. Pour en profiter, il suffit de comparer les offres d’assurance (via un courtier ou en ligne) et de suivre la procédure de résiliation décrite ci-dessus.
Attention : cet article est à titre informatif et ne remplace pas un conseil juridique ou financier personnalisé. Pour plus de détails, consultez les textes officiels (loi n°2022-270 sur Légifrance) ou renseignez-vous auprès d’un spécialiste comme Handi Assur. Article mis à jour le 17/12/2025.
FAQ
Oui. Depuis la loi Lemoine, vous pouvez résilier et remplacer votre assurance emprunteur dès l’octroi du prêt, sans attendre la première échéance.
Si la part assurée par personne excède 200 000 €, alors le questionnaire médical reste obligatoire. De même, si l’emprunteur aura plus de 60 ans au terme du prêt, le questionnaire sera demandé. Dans le cas contraire, il est supprimé.
Article écris par :

Clair Caillon est courtier en assurances, fondateur de Handi-Assur et spécialiste depuis près de 30 ans de l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Il est régulièrement décrit par ses clients comme très à l’écoute, réactif, humain et capable de débloquer des dossiers complexes que les assureurs « classiques » refusent.
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Emprunter avec un cancer : comment obtenir un prêt malgré la maladie ?
Le cancer peut être considéré comme un obstacle important à l’obtention d’un crédit immobilier en ce sens qu’il peut empêcher d’accéder à certaines garanties voire occasionner un refus total au 3ème niveau de la convention AERAS. A ce niveau, il peut entraîner un refus de prêt faute d’assurance. La déclaration d’un cancer dans son questionnaire médical peut occasionner des surprimes plus ou moins importantes.
Celles-ci peuvent être proposées pour toute la durée du prêt (concept de surmortalité) ou circonscrites à quelques années (concept ‘extra mortalité). Dans le premier cas, la prime de normale, dite prime de base, est multipliée plusieurs fois sur toute la durée du contrat, dans le second, elle subit une augmentation calculée en pour millage du capital assuré sur une durée limitée à quelques années.
Nous sommes là dans le cas où on est accepté (e). Cela dit, la surprime proposée peut occasionner un dépassement de la capacité d’endettement et/ou un dépassement du taux d’usure, taux légal maximum au-delà duquel le prêt serait interdit. Pour de simples raisons, non pus d’assurance mais de légalité, il s’agit alors d’un autre cas de refus de prêt.
Peut-on obtenir un prêt en ayant un cancer ?
Rassurez-vous, on peut obtenir un prêt en ayant eu un cancer. Nous allons le voir plus loin, de multiples solutions, tant d‘assurance que garanties alternatives existent qui permettent d’obtenir un prêt bien qu’ayant été atteint d’un cancer. Il n’y a pas de fatalité ni de situations pré écrite ;

Quelles solutions pour emprunter malgré un cancer ?
Faire appel à une structure de courtage spécialisée comme Handi-Assur augmente vos chances d’obtenir une assurance pour votre prêt malgré l’existence d’un risque aggravé. Nous présenterons votre dossier à des assureurs dont nous savons les capacités à accepter certains risques selon la nature de ceux-ci.
Il est aussi important de noter que dans la très grande majorité des cas, le dossier d’un emprunteur ayant eu un cancer sera alors observé dans le cadre de la convention AERAS, ce qui augmente ses chances d’obtenir un contrat d’assurance.
La convention AERAS
Cette convention dite convention AERAS pour « Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé » a été mise en place pour faciliter l’accès au crédit aux personnes ayant été ou étant atteintes de maladies ou de séquelles d’accident. Elle prévoit qu’un dossier d’emprunteur avec risque aggravé soit étudié automatiquement si besoin était, à 3 niveaux pour lui donner le maximum de chances
Cette convention s’applique pour des prêts immobiliers ou des prêts professionnels destinés à l’acquisition de locaux et/ou de matériel, qui arrivent à échéance avant votre 71ème anniversaire portant sur :

- Un financement immobilier en lien avec votre résidence principale dont la part assurée, hors prêt relais, n’excède pas 420 000 € ;
Par exemple, en cas de prêt d’un montant supérieur, elle s’appliquera si votre quotité assurée a une contrevaleur en euros correspondant au plus à ce montant de 420.000 euros. Par exemple, 50% d’un prêt de 840.000 euros ou 75% d’un prêt d’un montant de 560.000 euros.
- Un financement professionnel ou immobilier sans lien avec votre résidence principale dont la part assurée n’excède pas 420 000 € après avoir pris en compte, s’il y a lieu, la part assurée des capitaux restant dus au titre de précédentes opérations de crédit de toute nature pour lesquelles le même assureur délivre déjà sa garantie.
Le droit à l’oubli
La convention AERAS, révisée régulièrement a intégré ce qu’n appelle le droit à l’oubli. Ce droit à l’oubli permet de ne pas avoir à signaler certains problèmes de santé sans que ce soit sinon préjudiciable à l’assuré.
Ainsi, bien que vous ayez pu être atteint (e) d’une maladie cancéreuse, vous pouvez bénéficier de ce droit à l’oubli. il faut pour ce faire que
- La date de fin du protocole thérapeutique remonte à plus de 5 ans au jour de votre demande d’assurance.
- et qu’il n’a pas été constaté de rechute de votre maladie.
Si ces deux conditions médicales sont réunies pour vous, vous n’avez pas à déclarer votre antécédent de maladie cancéreuse et il vous sera proposée une assurance sans aucune surprime ni exclusion de garantie concernant cet antécédent.
Vous n’avez donc pas à déclarer ou transmettre d’informations relatives aux maladies cancéreuses dans votre demande d’assurance emprunteur. Vous ne devez ainsi, notamment, pas déclarer votre affection longue durée (ALD) relative au cancer éligible au droit à l’oubli.
Dans le doute, vous pouvez bien sûr, déclarer votre cancer et ses circonstances. Les services de la compagnie d’assurance sauront s’ils doivent ou pas en tenir compte. En résumé, pour ce qui relève d’un cancer donnant le droit à l’oubli, vous serez assuré comme s’il n’avait pas existé.

Il est important de savoir que ce n’est pas parce que vous demandez une assurance avant que ne soit écoulé le délai du droit à l’oubli que vous serez refusé(e) d’office. Dans ce délai, certains cancers ne sont pas automatiquement des facteurs de refus d’assurance emprunteur. Votre dossier sera probablement surprimé, des garanties seront peut-être refusées mais vous pourrez peut-être obtenir d’être assuré (e) Une fois passé le délai et acquis le droit à l’oubli, nous proposerons vote dossier par ailleurs pour que vous puissiez être, le cas échéant garanti’(e) normalement.
Alternatives à l’assurance traditionnelle
Par assurance traditionnelle, nous entendons l’assurance groupe que propose la banque pour tous ses emprunteurs. Si celle-ci refuse de vous assurer ou vous accepte dans des conditions que la banque ou vous refuseriez, que ce soit pour des questions de garanties, de prix, etc. il vous est possible, dans le contexte de la convention AERAS de proposer une délégation d’assurance.
Les banques se sont engagées à l’accepter dès lors qu’elle présente les garanties correspondant à leurs critères dans votre cas particulier. C’est là, notre travail de courtier spécialisé en risques aggravés de santé que de faire le maximum pour que vous puissiez vous assurer au mieux.
S’il s’avère impossible d’être assuré, des alternatives sont prévues qui peuvent être acceptées. Il s’agit de l’hypothèque du bien financé, d’épargne mise en garantie (nantissement), de caution familiale ou tierce, de délégation sur une prévoyance collective ou individuelle pré existante., etc.
Pourquoi un prêt peut-il être refusé ?
Un prêt peut être refusé pour de multiples raisons. Pour celles en rapport avec l’assurance, ce peut être parce que l’emprunteur reçoit alors un refus total ou partiel de garanties exigées par la banque, du décès aux incapacités et invalidités. Vous pouvez aussi n’être assuré qu’en cas de décès et votre banque refuserait votre prêt si elle estime qu’un arrêt de travail ou invalidité non assuré la mettrait en danger pour vos remboursements, par exemple. Ce refus du fait d’une assurance inexistante ou limitée se comprend par un refus ou inexistence de garanties alternatives telles que celles décrites dans le paragraphe précédent.
Quel rôle joue l’assurance emprunteur ?
L’assurance emprunteur est souscrite pour que le crédit soit payé dans les proportions souhaitées par la banque, et/ou nécessaires à la protection familiale en cas de décès, de perte d’autonomie, d’invalidités ou d’arrêt de travail de l’emprunteur assuré. Si l’un des risques assurés se réalise, la compagnie d’assurance prend le remboursement du crédit à sa charge pour les montants assurés.
Ainsi, pour une assurance arrêt de travail, la mensualité du crédit est payée par l’assureur pour la proportion (quotité) assurée une fois passé le délai de franchise, généralement de trois mois. Compte tenu des contrats que nous distribuons, nous faisons en sorte que le crédit soit éteint pour tout ou partie ( selon la quotité assurée ) en cas d’invalidité permanente reconnue par la compagnie.

Conseils pour emprunter avec un cancer
Tout d’abord, anticiper, travailler en amont de son projet d’achat, anticiper sur l’assurance qu’il faudra fournir pour obtenir son emprunt. Nous conseillons donc de faire d’abord évaluer son assurabilité par la présentation de son dossier aux compagnies sur la base de l’hypothèse du prêt que l’on pourrait demander à une banque.
Si le dossier est assurable, la meilleure décision obtenue est alors « mise de côté » et vous pouvez avancer dans votre projet puisqu’une compagnie, se tient prête pour couvrir l’emprunt à faire. Il est très important d’anticiper, de se faire évaluer sinon les délais s’additionnent et on peut avoir de mauvaises surprises en étant engagé auprès de vendeurs, etc. Nous conseillons aussi de réfléchir aux alternatives présentables en cas d’échec
Vos questions les plus fréquentes
Plutôt si on a eu.
Oui, alors, l’assurance peut souvent être accessible ou sinon des alternatives peuvent être présentées. Il ne faut être inquiet outre mesure, de nombreuses possibilités, du fait de la convention AERAS sont disponibles pour l’emprunteur inquiet quant à ses capacités à pouvoir obtenir un prêt à cause de son état de santé.
Plutôt si je l’ai été.
La convention AERAS a été constituée à cette fin : permettre au maximum de personnes d’emprunter malgré l’existence de ce qui est considéré comme un risque aggravé de santé. Pour ce qui est du cancer plus on s’en éloigne, de son diagnostic et de ses traitements, plus on devient assurable dans des conditions normales.
Le champ est possible est vaste : du seul décès aux invalidités et incapacités, il est à explorer, par anticipation. Tenter de trouver le maximum de garanties au meilleur tarif possible. Et c’est là que consulter Handi-Assur peut vous aider car c’est notre métier depuis 30 ans.
Assurance emprunteur et surprime : Comprendre, limiter, négocier les coûts
Qu’est-ce qu’une surprime en assurance emprunteur ?
Tout d’abord, qu’est-ce que la prime d’assurance ?
La prime est ce que la compagnie d’assurance considère nécessaire pour payer le risque qu’on lui demande de prendre et de garantir par contrat. À risque normal selon les critères d’une compagnie, prime normale.
Il est, à ce moment, important de noter que les compagnies – et la convention AERAS dans ses évolutions le démontre – savent réévaluer la notion de risque normal en observant les progrès médicaux et leurs effets sur l’espérance de vie et les invalidités, etc. Ce qui était parfois un risque anormal hier chez un emprunteur devient un risque normal aujourd’hui dans certains cas de pathologies comme des hépatites, certains cancers, le H.I.V, etc. par exemple.
La surprime en assurance emprunteur pour un prêt immobilier est donc le prix à payer par l’assuré pour la couverture du sur risque que représentent aux yeux des compagnies certains risques aggravés conséquents de pathologies : sur risques de mortalité, sur risques d’incapacités, sur risques d’invalidité.
Quels facteurs entraînent une surprime ?
Ces facteurs sont de plusieurs ordres, souvent dissociés, exceptionnellement associés.
À la lecture de la demande d’adhésion et du questionnaire médical, la compagnie détermine les éléments qui vont lui permettre de composer son tarif.
Ces éléments déclarés sont les facteurs de risques :
- Facteur professionnel : la profession exercée peut être considérée dangereuse et impliquer alors que la compagnie surprime.
- Facteur sportif : les sports pratiqués peuvent aussi être considérés dangereux. Le tarif sera surprimé.
- Facteur médical : le risque médical peut être considéré aggravant et le tarif pourra être surprimé ; des exclusions pourront être proposées.
État de santé et maladies chroniques
La compagnie va comparer l’état de santé déclaré de l’emprunteur immobilier à ce qu’elle considère normal.
Si l’état de santé correspond à ce que la compagnie considère comme normal et acceptable comme tel ou sans augmentation du risque selon ses critères, il n’y aura pas de surprime. On peut, oui, déclarer certaines maladies, chroniques ou pas, que certaines compagnies ne surpriment pas.
Les pathologies déclarées, seront analysées pour leurs conséquences observées sur la mortalité, les arrêts de travail, etc., les avancées médicales sont prises en compte
Une maladie déclarée est analysée sur la base de ces trois éléments que sont : l’historique, l’état actuel et l’évolution. Les traitements, les dates de leurs débuts, etc. sont aussi pris en compte.
Des maladies chroniques génèrent parfois des surprimes sans que, pour autant, celles-ci soient élevées au point de rendre le tarif prohibitif. On observe très souvent un coût raisonnable.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que la maladie chronique n’est pas automatiquement un obstacle à l’assurabilité complète. Par « complète », il faut entendre d’obtenir toutes les garanties requises, le décès, la PTIA, les invalidités, totale ou partielle et les incapacités. Beaucoup de pathologies sont assurables pour leurs effets sans qu’ils soient exclus.
Âge et professions à risques
Il y a plusieurs façons d’intégrer l’âge dans un tarif :
Dans un contrat d’assurance emprunteur groupe, celui que votre banque va vous proposer, en règle générale, le tarif est unique car tout le monde a le même âge « technique », en général un âge moyen de 40 ans.
Qu’on ait 25 ans ou 50, on paie comme si on en a 40/42, ce qui équilibre le contrat pour l’assureur car les « bons risques » de sa population d’assurés jeune compense les pertes observées sur la population plus âgée et ce qui permet aussi à sa population d’emprunteurs plus âgés de se faire assurer pour moins cher que si son âge réel était pris en compte.
Plus on est âgé, de la souscription à la fin du contrat, plus le tarif sera élevé.
Dans la très grande majorité des contrats individuels, des délégations d’assurance, c’est l’âge réel qui est pris en compte et qui détermine le tarif. On parle alors de primes naturelles.
Chaque année dans un contrat d’assurance emprunteur à primes naturelles variables, la prime est recalculée selon le nouvel âge atteint et le capital restant dû.
En règle générale, le vieillissement l’emporte sur l’amortissement pendant les premières années – puisqu’on rembourse d’abord les intérêts -, les primes augmentent alors et, sur la seconde partie de l’emprunt, quand les intérêts payés font que le capital s’amortit plus vite, elles baissent.
Ce décrochage est généralement observé à la moitié de la durée du prêt. À ce propos, il peut être judicieux d’opter pour des primes d’assurance emprunteur fixes. Ce calcul est à faire à la souscription.
Cela dit, il ne faut pas s’inquiéter et craindre d’être empêché d’emprunter à cause d’un tarif trop élevé, de surprimes rendant le prix des garanties prohibitif.
Professions considérées à risque augmenté :
Certaines professions sont jugées à risque augmenté en raison des spécificités de leur activité :
- Activités impliquant un contact (direct ou indirect) avec :
- Des produits inflammables, explosifs, toxiques et/ou corrosifs.
- Travail à une hauteur supérieure à 20 mètres.
- Utilisation d’un véhicule motorisé à 2 roues.
- Activité exercée :
- En mer ou dans les docks.
- Dans la filière pétrolière, gazière, nucléaire, minière ou forestière.
- En haute montagne, en milieu souterrain ou sous-marin.
- En contact direct avec :
- De gros animaux (chevaux, bovins ou animaux de plus de 350 kg).
- Des animaux sauvages.
- Activités de nature :
- Politique, humanitaire, diplomatique ou journalistique (journaliste, caméraman, photographe).
- En lien avec les arts occultes ou sciences occultes.
- Professions :
- Libérales, médicales, paramédicales et vétérinaires.
- Forces de l’ordre, militaires, gendarmes, activités avec port d’armes, pompiers, secouristes.
- Pilote d’avion ou d’hélicoptère, ou personnel navigant.
- Sportifs professionnels (sportif, entraîneur, arbitre).
- Artistes, professionnels de cirque, artificiers, pyrotechniciens, cascadeurs, forains.
Activités sportives et loisirs dangereux
Certains sports et certaines activités de loisirs, en raison de leurs dangers relatifs, génèrent des surprimes.
Les sports concernés sont :
Sports nautiques :
- Activités nautiques à plus d’un mille des côtes en planche à voile, kayak ou aviron des mers.
- Navigation à plus de 25 milles des côtes en bateau à moteur avec le permis correspondant.
- Activités nautiques à plus d’un mille des côtes en scooter des mers.
- Navigation à la voile à plus de 25 milles des côtes.
- Plongée sous-marine.
Sports de montagne :
- Sports de glace, de montagne, d’alpinisme.
- Sports de neige.
- Spéléologie.
- Canyoning.
- Rafting.
Sports mécaniques :
- Sports motocyclistes.
- Sports automobiles.
Sports aériens :
- Parapente, saut à l’élastique, parachutisme.
- Avions, hélicoptères, ULM.
- Planeur, Deltaplane.
Autres sports :
- Sports de combat, boxe.
- Safaris et chasse.
- Équitation.
Comment calculer une surprime d’assurance ?
Un tarif est recalculé en fonction d’une éventuelle dangerosité, d’une surmortalité ou d’une extra mortalité. Dans ce dernier cas, la surprime est généralement temporaire, limitée à quelques années, et s’exprime en pour millage du capital assuré.
Pour l’arrêt de travail et l’invalidité, en fonction du facteur de risque, un recalcul peut entraîner une surprime comprise entre 25 % et 200 %.
Solutions pour limiter ou éviter les surprimes
Vous avez avantage à consulter un courtier comme Handi-Assur, car nous sommes riches d’une longue expérience dans le placement de risques aggravés. Il s’agit d’une réelle expertise, acquise au fil de dizaines d’années de spécialisation.
Nous savons orienter un dossier pour obtenir le maximum de garanties avec le minimum de surprimes, même en présence de problèmes de santé. Lorsque nous prenons en charge un dossier, c’est parce que nous sommes presque certains d’apporter une valeur ajoutée et d’atteindre les objectifs fixés.
Il est crucial de documenter son dossier d’assurance emprunteur pour qu’il soit analysé avec la plus grande précision. Il est donc recommandé de fournir des pièces médicales précises, comme des bilans biologiques et d’autres documents utiles.
Dans certains cas, il est possible de ne pas déclarer de pathologie pour un emprunt immobilier lorsque le capital à assurer est dans le cadre de la Loi Lemoine (voir notre page dédiée sur le site pour plus de détails). Votre cas sera alors considéré comme un risque normal, sans surprime ni exclusion, puisque le questionnaire médical n’est pas requis.
La convention AERAS
La loi Lemoine est venue compléter le champ d’application de la convention AERAS.
Cette convention a été mise en place pour augmenter les possibilités d’emprunt en élargissant les opportunités d’assurabilité.
Elle prévoit trois niveaux possibles d’étude du risque aggravé, afin de tenter d’assurer le maximum de personnes.
- Si, au troisième niveau, une personne est jugée inassurable, la convention AERAS demande aux banques d’étudier la mise en place d’autres garanties, telles que :
- La caution,
- Le nantissement d’épargne,
- La prévoyance personnelle préexistante, etc.
Il est essentiel de comprendre que, même si vous êtes refusé au troisième niveau par une ou plusieurs compagnies, cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas être considéré comme assurable. Certaines des compagnies avec lesquelles nous travaillons appliquent des critères d’acceptation plus larges dès le premier ou deuxième niveau.
Chez Handi-Assur, ce type de situation est fréquent. Nous présentons un dossier dès lors que nous identifions une « fenêtre de tir » pour une souscription réussie.

Comparer les assurances avec la délégation d’assurance
Il est utile de comparer pour plusieurs raisons.
En présence d’un risque aggravé, il est essentiel de tenter d’obtenir le maximum de garanties au meilleur prix possible. Cela implique de faire étudier son dossier par d’autres compagnies, en parallèle de sa souscription auprès de l’assureur groupe de la banque.
Tant pour des raisons de prix que de garanties, il est dans votre intérêt de comparer. En effet, si des surprimes sont appliquées, elles peuvent différer d’une compagnie à l’autre. De plus, elles sont souvent calculées sur une prime plus basse, compte tenu d’un âge réel généralement plus jeune que celui retenu pour le tarif groupe, comme nous l’avons expliqué précédemment.
Outre un tarif souvent plus avantageux, comparer permet de maximiser ses chances d’obtenir un contrat avec :
- Moins d’exclusions,
- Des garanties acceptées et non refusées.
Ce type de situation est fréquent et nous l’observons régulièrement.
Améliorer son dossier médical
Il est important de fournir le maximum de pièces médicales pour expliquer sa pathologie et permettre aux services de souscription d’en affiner l’approche. Ces éléments peuvent éclairer sur l’état de santé déclaré et, dans certains cas, démontrer :
- La moindre gravité de la pathologie,
- Les faibles risques associés, tels que :
- Un risque limité d’arrêts de travail,
- Un faible risque d’invalidité,
- Un risque de décès peu élevé.
Plus une compagnie dispose d’informations précises sur le risque aggravé déclaré, plus elle pourra proposer une tarification fine et adaptée.
Quelle banque ou assurance propose des solutions sans questionnaire médical ?
La plupart des compagnies ont maintenu leurs contrats dans le cadre de la Loi Lemoine, sans sélection médicale, c’est-à-dire sans questionnaire médical, dans les conditions définies par cette loi.
Certaines banques proposent des conditions d’assurance simplifiées pour une partie de leur clientèle, en prenant en compte leur ancienneté.
De plus, certaines compagnies facilitent l’accès à l’assurance groupe bancaire pour des femmes ayant été atteintes d’un cancer du sein, leur permettant ainsi de bénéficier de garanties adaptées.
Comment négocier une surprime avec son assureur ?
Nous dirions plutôt « avec les assureurs ». En effet, chaque compagnie a sa propre doctrine, qu’elle applique seule et/ou en fonction de son réassureur.
C’est pour cette raison que nous recommandons et pratiquons une co-étude des risques. Nous sollicitons plusieurs compagnies, sélectionnées sur la base de notre expérience, et menons des investigations approfondies.
C’est grâce à ces démarches que nous sommes très souvent en mesure d’apporter la garantie attendue, même dans des situations complexes.
Pour conclure
La surprime est, comme on peut le constater, un sujet de grande importance en matière d’assurance emprunteur, avec de nombreux enjeux.
- Enjeux de garanties.
- Enjeux de protection.
- Enjeux de tarifs, etc.
Dans ce contexte, on comprend aisément l’importance de faire appel à un courtier véritablement expert dans ce domaine.
Nous sommes à votre disposition et mettons tout en œuvre pour vous accompagner, comme nous le faisons avec expertise et engagement depuis plus de trente ans.
Questions fréquentes sur "assurance emprunteur surprime"
La surprime d’assurance emprunteur est un supplément tarifaire appliqué par une compagnie d’assurance lorsqu’un emprunteur présente un risque aggravé. Ce risque peut être lié à des facteurs médicaux, professionnels ou sportifs, et reflète une probabilité plus élevée d’incidents tels que décès, invalidité ou incapacité. La surprime permet à l’assureur de couvrir ce risque supplémentaire tout en proposant une couverture adaptée.
Le calcul d’une surprime dépend de plusieurs facteurs, notamment :
- La nature et la gravité du risque aggravé déclaré.
- Les critères spécifiques de la compagnie d’assurance et de son réassureur.
- Le montant du capital assuré.
La surprime est généralement exprimée en pourcentage ou en pour millage de la prime de base ou du capital emprunté. Par exemple, une surprime de 100 % double la prime de base. Chaque assureur ayant sa propre méthodologie, il est recommandé de comparer les offres avec l’aide d’un courtier expert.
Le coût moyen d’une assurance emprunteur dépend de plusieurs éléments, notamment :
- Le capital assuré, généralement entre 250 000 € et 300 000 €.
- Le taux appliqué, qui se situe souvent entre 0,30 % et 0,40 %.
En pratique, cela représente une dépense de quelques dizaines d’euros par mois, offrant une protection sur des montants beaucoup plus élevés (parfois des centaines de milliers d’euros). Le coût peut varier en fonction de l’âge, du type de contrat (groupe ou individuel) et des éventuelles surprimes.
Depuis la Loi Lemoine, entrée en vigueur en juin 2022, les assureurs ne peuvent pas exiger de questionnaire médical (dès lors que l’en cours assuré, prêts préexistants compris ) est :
- D’un montant total inférieur ou égal à 200 000 € par personne assurée.
- Et que le remboursement du prêt pour lequel la personne demande à être assurée soit effectué avant ses 60 ans
Ce cadre législatif s’applique désormais à la majorité des banques pour simplifier l’accès à l’assurance emprunteur et favoriser l’inclusion.
Les antécédents médicaux : comprendre leur impact
Qu’est-ce qu’un antécédent médical ?
Il s’agit de ce qui a pu affecter la santé d’une personne :
Un dossier d’antécédents peut comprendre des informations sur les allergies, les maladies, chroniques ou pas, les A.L.D, les interventions chirurgicales, les accidents, les vaccinations et les résultats d’examens, biologiques, radios, etc. et de tests physiques. Il décrira des informations sur les médicaments pris, les traitements et les habitudes de santé, comme le régime alimentaire et l’exercice physique.
En quoi sont-ils importants pour votre dossier d’assurance
Il y a lieu de pouvoir les lister, les préciser car c’est sur leur déclaration que la compagnie se basera pour vous faire sa proposition de tarif et de garantie. Omettre ou ne pas déclarer un antécédent vous expose à la nullité du contrat.
Ceci signifie que vous ne seriez pas indemnisé et que le contrat pourra être résilié par la compagnie. Cette situation vous expose alors à la possibilité pour la banque d’exiger le capital restant dû.
En effet, un contrat d’assurance est basé sur la bonne foi du proposant (Personne éventuellement assurable qui signe une proposition d’assurance destinée à un assureur, personne qui propose ses risques à assurer).
Pourquoi la liste des antécédents est-elle cruciale pour votre dossier d‘assurance
Quand une compagnie à laquelle il est demandé une couverture d’assurance procède à l’évaluation d’un risque, soit elle le considère normal et applique le tarif standard, soit elle le considère anormal au regard d’antécédents médicaux et étudie une tarification particulière, personnalisée.
Les antécédents médicaux sont parfois, voire souvent, aggravants, ils créent un risque anormal au sens littéral du terme. Ils peuvent donc modifier un risque que la compagnie devra garantir.
Celle-ci pourra, selon la maladie déclarée, considérer que le risque de décès est augmenté, qu’il peut y avoir des arrêts de travail plus souvent, plus longs qu’à la normale, que ça peut dégénérer en invalidité, etc.
C’est la raison pour laquelle ils ont une très grande importance dans une déclaration médicale, un dossier médical, destiné à une compagnie d’assurance quand elle procède à l’évaluation du risque.
Les compagnies posent une liste de questions sur les antécédents à travers un questionnaire médical, un questionnaire d‘état de santé.
Ce questionnaire est établi pour que la transparence médicale soit faite sur votre état de santé, pour que la compagnie puisse appréhender en parfaite connaissance de ce dont elle a besoin pour évaluer un risque à garantir.

Comment établir la liste de vos antécédents médicaux
Il vous faut être en mesure de déclarer votre taille, votre poids, votre profession, votre statut social, votre acuité visuelle, etc. des diagnostics de maladie, des arrêts éventuels, leurs durées, des traitements, des examens aux résultats anormaux, des examens à effectuer.
Les erreurs courantes à éviter quand on remplit un questionnaire médical pour solliciter une couverture d’assurance. :
Ne rien omettre, ne pas sous évaluer certains problèmes de santé, ne pas se dire que quelque chose qui vous est arrivé n’est pas important, indiquer très précisément des durées d’arrêts, leurs nombres, etc. Il ne faut pas survoler le remplissage d’un questionnaire médical, quitte à le faire avec son médecin.
Notre conseil : prenez le temps de vous remémorer votre passé, repartez du début, et mettez vos résultats en parallèle des questions posées. Ai-je été diagnostiqué ? Si oui, de quoi ? Ai-je eu des traitements ? Ai-je été hospitalisé ? Pourquoi, quand t combien de temps ? Si oui, pourquoi ? Ai-je été arrêté ? Si oui, quand et combien de temps, en jours ?
Ce que demandent les assureurs
Les compagnies vont vous demander si vous êtes atteinte ou atteint d’une maladie chronique, si vous devez consulter un médecin, si un examen a donné un résultat anormal, si vous portez un appareillage, si vous devez faire de la rééducation, etc. La santé mentale est aussi appréhendée, la douleur chronique, etc.
Les antécédents familiaux, de même que les résultats de tests génétiques n’ont pas à être demandés.
Exemples de conditions souvent demandées par les assureurs
On vous demandera si une maladie chronique vous affecte. On vous demandera si vous faites l’objet d’un suivi médical, avec ou sans traitement. Vous aurez à déclarer une éventuelle ALD. Si vous êtes dans cette situation et que vous souhaitez emprunter, renseignez-vous en cliquant ici.
On vous interrogera aussi sur d’éventuelles hospitalisations, actes chirurgicaux, leurs durées, leur nature. Des questions porteront sur une éventuelle rééducation, la nécessité d’un appareillage, etc.
Les troubles de la santé mentale, au regard de leur importance croissante, font l’objet de l’attention des assureurs.

Comment la liste des antécédents médicaux influe-t-elle sur la prime d’assurance
Une prime d’assurance est établie selon une norme de santé. Si le risque, en fonction de vos antécédents, est considéré anormal, la prime variera, elle augmentera, comme pour un risque cardio vasculaire, par exemple, en ce qu’il peut augmenter le risque de décès.
S’il se conjugue à un diabète, la surprime sera plus conséquente, etc. jusqu’à un éventuel refus. Certaines pathologies peuvent provoquer des arrêts de travail, des invalidités ce qui fera augmenter la prime correspondant à ces garanties ou des exclusions de leurs conséquences sur celles-ci.
La surprime permet à la compagnie de préserver ses équilibres techniques d’éventuels déficits. En effet, des risques anormaux s’ils étaient tarifés comme normaux entraineraient des pertes techniques, et donc financières,excessives, et ce au détriment de tous les assurés. Il s’agit là d’une logique bien compréhensible.
Les surprimes peuvent être de plusieurs fois la prime normale. On dit alors 100% pour un doublement, 200 % pour un triplement, etc. Elles peuvent être portées sur les primes du risque de décès et celles du risque d’incapacité et d’invalidité. Si une surprime ne suffit pas à l’assureur, il procèdera d’exclusion des antécédents médicaux déclarés.
Comment limiter l’impact des vos antécédents médicaux sur votre couverture
Nous vos conseillons de vous rapprocher de courtiers en assurances spécialisés en risques aggravés comme Handi-Assur pour orienter au mieux votre demande d’assurance. En effet, notre connaissance des compagnies, de leurs capacités, leurs innovations, leurs tarifications, etc. vous fera gagner et du temps et de l’argent.
Nous saurons vous dire quels documents prévoir, examens à effectuer, etc. Nous sommes très habitués à la gestion des antécédents, aux majorations de primes. C’est notre quotidien depuis plusieurs dizaines d’années.
Conseils pour mieux gérer vos antécédents médicaux dans votre demande d’assurance
Il est très important de faire preuve d‘une transparence totale dans votre dossier. En effet, une fausse déclaration vous exposerait à la nullité de votre contrat. Celui-ci serait résilié par la compagnie et la banque pourrait alors faire valoir son droit d’exiger le règlement immédiat du capital restant dû (clause d’exigibilité très souvent inscrite dans l’offre de prêt).
Il ne faut pas craindre de tout déclarer car c’est sur la réalité et la bonne foi que se base le contrat d’assurance
Questions fréquentes sur les antécédents médicaux
Ça comprend tout ce qui a affecté ou affecte la santé d’une personne.
Il faut en parler à son médecin qui a, normalement, le dossier médical de chacun de ses patients.
Traitements, hospitalisations, diagnostics, tests biologiques, radios, etc.
La loi vous permet de l’obtenir en écrivant au professionnel de santé.
Ordonnances, comptes rendus opératoires, résultats de prises de sang, certificats d’arrêts et de reprise de travail.









