Qu’est-ce que l’assurance décès et comment fonctionne-t-elle ?
Personne n’aime envisager le pire, mais anticiper financièrement son décès est un acte d’amour et de responsabilité envers ses proches. Pourtant, deux Français sur trois ne disposent d’aucune assurance décès pour protéger leur famille. L’assurance décès, aussi appelée assurance en cas de décès, est un contrat de prévoyance conçu précisément pour offrir une sécurité financière aux êtres chers si l’imprévu survient.
Cet article vous explique de façon claire ce qu’est l’assurance décès, son principe de fonctionnement, ce qu’elle couvre réellement, ainsi que les différences avec une assurance vie classique. Vous y trouverez des exemples concrets, des chiffres clés et des sources officielles pour mieux comprendre ce dispositif et évaluer son intérêt pour protéger vos proches.
Un contrat d’assurance décès garantit le versement d’un capital aux bénéficiaires désignés en cas de décès de l’assuré. Ici, un conseiller présente un contrat à un souscripteur potentiel.
Dernière mise à jour : 17 décembre 2025
Définition de l’assurance décès
L’assurance décès est un contrat d’assurance de personnes (prévoyance) qui garantit le versement d’un capital ou d’une rente à des bénéficiaires désignés si l’assuré décède pendant la durée de validité du contrat.
En d’autres termes, c’est une couverture “risque décès” sans valeur d’épargne : l’assuré paie des cotisations régulières et, en cas de décès, l’assureur verse la somme prévue aux proches (conjoint, enfants, etc.) afin de compenser la perte de revenus ou de faire face aux dépenses immédiates liées au décès (loyers, éducation des enfants, etc.).
Contrairement à une assurance vie « classique » qui est avant tout un produit d’épargne et de placement, l’assurance décès est une assurance pure orientée protection : elle ne doit pas être confondue avec l’assurance vie, dans laquelle le souscripteur peut récupérer une épargne de son vivant.
De même, à ne pas confondre avec l’assurance obsèques (parfois appelée contrat obsèques), qui elle est spécifiquement destinée à couvrir l’organisation et les frais des funérailles et non à soutenir financièrement la famille sur le long terme. L’assurance décès vise avant tout à assurer l’avenir économique de vos proches, et non simplement à payer vos obsèques.
En résumé, souscrire une assurance décès permet, moyennant des cotisations modiques, de mettre ses proches à l’abri du besoin en garantissant le versement d’un capital important en cas de disparition prématurée. C’est un acte préventif qui offre une tranquillité d’esprit : on sait que ses proches recevront un soutien financier au moment le plus difficile.
Comment fonctionne une assurance décès ?
Principe général : Le fonctionnement d’une assurance décès est similaire à celui des autres assurances de prévoyance. Le souscripteur (l’assuré) verse des primes (cotisations) périodiques à l’assureur. En échange, l’assureur s’engage contractuellement à verser la prestation prévue (un capital fixe, ou parfois une rente) aux bénéficiaires désignés si le décès de l’assuré survient pendant la période couverte. Le montant du capital garanti est déterminé dès la souscription du contrat et reste fixe (par exemple, 100 000 € payés au bénéficiaire en cas de décès).
- Durée du contrat : L’assurance décès peut être temporaire ou vie entière. Dans un contrat temporaire décès, la couverture est limitée à une période définie à l’avance (par exemple 1, 5, 10 ou 20 ans, ou jusqu’à un âge limite). Si l’assuré décède durant cette période, le capital est versé; en revanche, si le contrat arrive à son terme sans décès, il prend fin sans aucun versement et sans valeur de rachat – les cotisations versées sont alors “à fonds perdus”. Cette formule temporaire est la plus répandue pour protéger un besoin ponctuel (jusqu’à ce que les enfants soient financièrement autonomes, ou pour couvrir la durée d’un prêt immobilier, etc.). À l’inverse, une assurance décès “vie entière” couvre l’assuré pour la durée indéterminée de toute sa vie : le décès étant un événement certain à long terme, l’assureur paiera quoi qu’il arrive à la mort de l’assuré (sauf exclusions prévues). Ce type de contrat garantit donc le versement du capital quelle que soit la date du décès et sans limite de temps. En contrepartie, les cotisations d’une assurance vie-entière sont beaucoup plus élevées qu’un contrat temporaire, car le risque assuré (décès inéluctable) est certain sur le long terme. Certaines formules viagères peuvent prévoir le paiement des primes jusqu’à un âge donné (ex : 90 ans), au-delà duquel l’assuré est couvert sans cotisation supplémentaire.
- Cotisations et calcul du coût : Le montant de la prime d’assurance décès dépend principalement du capital garanti choisi et de la situation personnelle de l’assuré (âge, sexe, état de santé, antécédents médicaux, fumeur ou non, profession à risque, etc.). En pratique, plus l’assuré est âgé au moment de la souscription, plus la cotisation sera élevée pour un capital donné, car le risque de décès est plus grand. Par exemple, pour un capital assuré de 10 000 €, la cotisation peut être d’environ 40 € par an à 50 ans, mais grimper à 100 € par an à 60 ans et jusqu’à 250 € par an à 70 ans. Cela illustre que le coût augmente fortement avec l’âge de l’assuré. À l’inverse, souscrire jeune permet de bénéficier de primes annuelles très faibles. Les cotisations peuvent être prélevées mensuellement, trimestriellement ou annuellement selon les contrats. > Illustration : D’après un exemple fourni par le Service Public, un parent d’un enfant de 12 ans peut souscrire une assurance décès avec un versement d’environ 10 € par mois pour garantir un capital de 30 000 € à son conjoint en cas de décès prématuré. On voit qu’une faible cotisation mensuelle suffit à offrir une protection significative.
- Absence de valeur de rachat : Il faut noter qu’à la différence d’une assurance vie épargne, une assurance décès n’a pas de valeur de rachat ni d’épargne accumulée. Si vous décidez de résilier le contrat en cours de route ou si vous arrivez au terme d’un contrat temporaire sans que le risque ne se réalise, vous ne récupérez pas les sommes versées (ces primes ont servi à couvrir le risque pendant la période, on parle de cotisations “à fonds perdus”). Ce principe peut sembler frustrant si aucun décès n’est survenu – mais c’est justement le fonctionnement normal d’une assurance : les primes versées par tous les assurés permettent de mutualiser le risque et de verser de gros capitaux aux rares familles touchées par un décès prématuré. En somme, aucun remboursement n’est dû en l’absence de sinistre, comme pour une assurance auto sans accident par exemple. L’avantage est que, pour un coût modique, la famille est protégée d’un drame financier en cas de coup dur.
- Désignation des bénéficiaires : Lors de la souscription, l’assuré doit désigner le ou les bénéficiaires qui percevront le capital en cas de décès. Il est libre de choisir toute personne (conjoint, partenaire, enfant, autre membre de la famille, associé, etc.), ou même une association. En l’absence de bénéficiaire explicitement désigné, le contrat prévoit par défaut que le capital ira au conjoint survivant ou, si l’assuré n’était pas marié, à ses enfants ou héritiers légaux. L’assuré peut modifier la clause bénéficiaire à tout moment par avenant ou testament, selon les modalités du contrat. Attention : il n’est pas possible d’être soi-même bénéficiaire de son contrat d’assurance décès (puisqu’il ne se déclenche qu’au décès de l’assuré). Cela distingue bien l’assurance décès d’un contrat d’épargne où l’on peut récupérer son argent. Lors du décès, ce sont les bénéficiaires désignés qui devront faire la demande de versement auprès de l’assureur, en fournissant les justificatifs (acte de décès, pièces d’identité, etc.). Le paiement du capital intervient généralement dans un délai d’un mois à deux mois après réception des documents conformes.
- Capital versé ou rente : Le plus souvent, l’assurance décès prévoit le versement d’un capital unique aux bénéficiaires. Toutefois, certaines formules offrent une rente au bénéficiaire au lieu d’un capital, notamment pour assurer un revenu régulier au conjoint survivant ou aux enfants. Par exemple, il existe la rente éducation versée aux enfants jusqu’à un âge limite (21 ou 25 ans) afin de financer leurs études en cas de décès du parent assuré. De même, on peut prévoir une rente viagère pour le conjoint (une somme versée à vie, calculée selon son espérance de vie restante). Le choix entre capital et rente se fait à la souscription en fonction des besoins : un capital sert à faire face aux dépenses immédiates (rembourser un crédit, payer des droits de succession, etc.), tandis qu’une rente permet de compenser une perte de revenu sur la durée. Dans certains contrats, l’assuré peut même opter pour une combinaison des deux (par exemple un capital + une rente éducation).
En résumé, le mécanisme est simple : vous cotisez pour couvrir un risque et, si ce risque survient (votre décès), l’assureur verse l’argent prévu à vos proches. Sinon, le contrat s’éteint sans qu’aucune somme ne soit versée, car il n’y a pas eu de sinistre – c’est le principe même de la prévoyance.
Que couvre l’assurance décès ? (Garanties et exclusions)
L’assurance décès couvre, par définition, le décès de l’assuré, quelle qu’en soit la cause (maladie, accident, vieillesse…) dès lors que le décès survient pendant la période de validité du contrat. Les bénéficiaires perçoivent alors le capital ou la rente prévus, à utiliser librement – par exemple pour payer les charges courantes, rembourser un éventuel prêt immobilier restant, financer les études des enfants, ou tout autre besoin financier consécutif à la disparition de l’assuré. L’objectif fondamental est de compenser la perte de revenus du fait du décès, surtout si l’assuré était un soutien de famille principal.
Garanties incluses et optionnelles : Bien que la garantie de base soit le risque de décès toutes causes (c’est-à-dire par maladie ou accident, sans distinction), de nombreux contrats d’assurance décès comportent des garanties complémentaires pour élargir la protection. On peut citer notamment :
- La garantie PTIA (Perte Totale et Irréversible d’Autonomie) – Souvent incluse d’office ou proposée en option, elle prévoit le versement anticipé du capital si l’assuré est frappé d’une invalidité très grave avant un certain âge (généralement avant 60 ou 65 ans) le rendant incapable d’exercer toute activité et nécessitant l’assistance d’une tierce personne pour les actes de la vie quotidienne (on parle d’invalidité absolue, équivalente à un décès sur le plan financier). La PTIA permet donc de protéger l’assuré lui-même et ses proches en cas de handicap majeur.
- La garantie décès accidentel majorée – Certains contrats prévoient que si le décès résulte d’un accident (au sens assurantiel, c’est-à-dire un événement soudain, imprévu et externe), le capital versé sera doublé ou augmenté d’un montant prédéfini. Par exemple, un contrat peut stipuler un capital standard de 100 000 € en cas de décès par maladie, porté à 200 000 € en cas d’accident. Ce type de clause offre une protection accrue pour des risques spécifiques (accident de la route, etc.) souvent à moindre coût supplémentaire.
- Des garanties d’incapacité de travail ou d’invalidité partielle – Par extension, certains assureurs proposent dans le même contrat décès des garanties de rente d’invalidité ou d’indemnisation en cas d’incapacité temporaire de travail (ITT) suite à un accident ou une maladie. Ces garanties relèvent davantage de l’assurance “prévoyance incapacité/invalidité” et peuvent exiger des surprimes. Elles permettent par exemple de percevoir une rente mensuelle si l’assuré ne peut plus travailler pendant plus de X mois. Attention : ces options varient beaucoup d’un contrat à l’autre et comportent des conditions précises (délai de carence, franchise, seuil d’invalidité reconnu, durée maximale d’indemnisation, etc.).
- La garantie maladie grave (ou “arrêt de travail”) – Dans le même esprit, certains contrats couvrent certaines maladies graves survenues après la souscription (par ex. cancer diagnostiqué en cours de contrat) en versant une avance sur le capital décès ou une rente pendant la durée de la maladie. Il peut aussi s’agir d’une rente éducation dont nous avons parlé, pour garantir la poursuite des études des enfants jusqu’à un âge donné.
En pratique, l’assurance décès peut donc être modulable et constituer un véritable contrat de prévoyance complet, couvrant non seulement le décès, mais aussi les conséquences des accidents de la vie ou de maladies graves, selon les garanties choisies. Lors de la souscription, il est essentiel de bien définir les options dont vous avez besoin en fonction de votre situation familiale et professionnelle.
Exclusions et limites de garantie : Comme tout contrat d’assurance, l’assurance décès comporte certaines exclusions standard à connaître. La principale exclusion légale concerne le suicide de l’assuré la première année du contrat : en cas de suicide survenant dans les 12 premiers mois, l’assureur est légalement en droit de ne pas verser le capital aux bénéficiaires. Cette règle vise à éviter les souscriptions frauduleuses in extremis. Passé ce délai d’un an (parfois étendu à 2 ou 3 ans selon les contrats), le suicide est couvert comme n’importe quel autre décès. Une autre exclusion universelle : aucun bénéficiaire n’aura droit au capital s’il est établi qu’il a volontairement provoqué le décès de l’assuré (par exemple en cas d’homicide) – dans ce cas, les autres bénéficiaires éventuels ou, à défaut, les héritiers légaux recevraient le capital à sa place. Par ailleurs, sont souvent exclues les morts résultant d’une faute intentionnelle ou d’une activité illicite de l’assuré (par exemple, un décès lors de la participation à un crime peut entraîner la déchéance de la garantie). Certains contrats excluent ou limitent également le décès causé par des actes de guerre ou par la pratique de sports très dangereux non déclarés à l’assureur. Enfin, il est crucial de répondre honnêtement au questionnaire de santé lors de l’adhésion : une fausse déclaration intentionnelle de l’assuré (par ex. cacher une maladie grave en cours) peut entraîner la nullité du contrat pour réticence, et donc l’absence de toute prestation pour les bénéficiaires (article L113-8 du Code des assurances).
En dehors de ces cas particuliers, tous les décès imprévus sont couverts qu’ils soient dus à une maladie (cancer, crise cardiaque, Covid-19…) ou à un accident. La garantie s’exerce 24h/24 dans le monde entier, dès lors que vous êtes assuré et à jour de vos cotisations. C’est cette large couverture qui fait de l’assurance décès un filet de sécurité financière indispensable pour de nombreuses familles, notamment celles dépendant fortement des revenus d’une personne.
À noter : Vous pouvez déjà bénéficier d’une forme d’assurance décès sans le savoir, via d’autres dispositifs : par exemple, la plupart des salariés cadres disposent obligatoirement d’une garantie décès collective par leur employeur (prévoyance d’entreprise), et tout emprunteur ayant un crédit immobilier a forcément une assurance emprunteur incluant une garantie décès pour solder le capital restant dû à la banque en cas de décès. Cependant, ces couvertures sont limitées à un contexte précis (respectivement, un capital souvent modeste versé par l’assurance collective aux ayants droit, ou le remboursement du seul prêt immobilier à la banque). Elles ne remplacent pas une assurance décès individuelle complète où vous choisissez librement le montant à léguer et le bénéficiaire. Il est donc recommandé de faire le point sur les protections dont vous bénéficiez déjà et d’évaluer si elles sont suffisantes pour mettre votre famille à l’abri en toutes circonstances.
Assurance décès vs assurance vie : quelles différences ?
Il existe souvent une confusion entre l’assurance décès et l’assurance vie, alors qu’il s’agit de deux contrats bien distincts, répondant à des objectifs différents. Voici les principales différences à retenir :
- Nature du contrat : L’assurance décès est un contrat de prévoyance (assurance de risque pur), tandis que l’assurance vie est un contrat d’épargne avant tout (avec une composante assurantielle). En assurance décès, l’événement déclencheur est exclusivement le décès de l’assuré – c’est un risque incertain (sauf contrat viager) et si cet événement ne survient pas pendant la durée couverte, l’assureur n’a rien à verser. À l’inverse, une assurance vie (dans sa forme la plus répandue “mixte”) prévoit deux issues possibles : soit le décès de l’assuré, soit la survie de l’assuré à l’échéance du contrat, les deux cas donnant lieu au versement d’une prestation. L’assurance vie couvre donc à la fois le risque de décès et un objectif d’épargne à long terme (on parle de contrat en cas de vie et/ou en cas de décès).
- Objectif et utilisation : L’objectif d’une assurance décès est de protéger sa famille ou ses proches contre les conséquences financières d’un décès prématuré, rien de plus. C’est un outil de prévoyance, souvent comparé à une “assurance temporaire” qu’on espère ne pas devoir « utiliser ». De son côté, l’assurance vie est principalement un placement financier souple et avantageux sur le plan fiscal, destiné à constituer un capital ou à transmettre un patrimoine. On souscrit une assurance vie pour épargner, investir sur des supports financiers et éventuellement préparer sa succession, avec la possibilité de retirer son argent à tout moment en cas de besoin. En résumé, assurance décès = protéger ses proches, assurance vie = faire fructifier son épargne (tout en prévoyant un capital en cas de décès).
- Versement des prestations : En assurance décès, le bénéficiaire ne peut être qu’un tiers (vous désignez quelqu’un car le capital est versé après votre décès). Par définition, l’assuré ne profitera pas directement du capital assuré, hormis la satisfaction de savoir ses proches protégés. Au contraire, dans un contrat d’assurance vie, le souscripteur est très souvent bénéficiaire de son vivant : il peut effectuer des rachats (retraits) sur son contrat quand il le souhaite et récupérer son épargne accumulée, ou attendre l’échéance pour toucher le capital s’il est toujours en vie. En cas de décès, l’assurance vie joue alors un rôle similaire à l’assurance décès en versant le capital aux bénéficiaires désignés, mais sinon, c’est l’assuré lui-même qui bénéficie de l’épargne constituée. On dit souvent que l’assurance vie est “une assurance dont on peut être le bénéficiaire”. L’assurance décès, non.
- Cotisations vs épargne : Les primes versées dans une assurance décès sont des cotisations calculées en fonction du risque de décès – elles payent la garantie, mais n’accumulent pas de valeur pour l’assuré. C’est de l’argent “consommé” pour la couverture du risque, comme pour une assurance auto. À l’inverse, dans une assurance vie, les versements du souscripteur sont capitalisés sur des supports (fonds euros garantis, unités de compte en actions/obligations, etc.) pour former une épargne. Au fil du temps, cette épargne produit des intérêts ou plus-values, qui viennent augmenter le capital du contrat. Ainsi, l’assurance décès n’offre aucun rendement financier (puisqu’elle n’est pas un placement), alors que l’assurance vie peut générer un rendement et faire fructifier le patrimoine.
- Durée et fin de contrat : Un contrat d’assurance décès est souvent temporaire (ex : jusqu’à vos 65 ans). S’il arrive à échéance sans décès, il prend fin sans valeur, comme expliqué plus haut. Il peut aussi être viager (vie entière) et alors durer jusqu’au décès. En comparaison, un contrat d’assurance vie n’a pas de durée fixe imposée : on peut l’alimenter et le retirer à tout moment, et généralement on le conserve de nombreuses années pour bénéficier d’avantages fiscaux après 8 ans de détention. Il se termine soit par un rachat total (on récupère tout le capital) soit par le décès de l’assuré. Notons qu’il existe même des contrats mixtes vie et décès (peu commercialisés à ce jour) qui garantissent le versement d’un capital dans tous les cas : à l’assuré s’il est en vie au terme, ou aux bénéficiaires s’il décède avant le terme.
- Questionnaire de santé : Les deux types de contrats peuvent exiger un questionnaire de santé à la souscription, mais l’enjeu n’est pas le même. Pour l’assurance décès (risque pur), l’assureur évalue très strictement le profil médical du candidat, surtout pour de gros capitaux ou à partir d’un certain âge, afin de fixer une prime adaptée au risque ou d’écarter un risque trop élevé. Un bilan médical ou des examens peuvent être demandés. En assurance vie épargne, le questionnaire médical est souvent allégé voire inexistant pour les contrats en euros (car le risque pour l’assureur est faible : il restitue simplement l’épargne en cas de décès). Cependant, certaines assurances vie comportant des garanties décès renforcées ou des options d’assurance peuvent aussi nécessiter une sélection médicale. Bon à savoir : depuis la loi Lemoine 2022, les assureurs n’imposent plus de questionnaire de santé pour les assurances emprunteur de prêt immobilier inférieures à 200 000 € par personne (et échéance de prêt avant les 60 ans de l’emprunteur) – mais cela concerne le prêt immobilier, pas les contrats décès individuels classiques. Pour une assurance décès hors emprunt, la sélection médicale reste la norme au-delà de certains montants.
- Fiscalité : Les deux produits bénéficient d’un régime fiscal favorable pour la transmission du capital au décès de l’assuré. En règle générale, le capital versé au bénéficiaire d’une assurance décès n’entre pas dans la succession de l’assuré et n’est donc pas soumis aux droits de succession classiques. Il y a toutefois des limites et conditions équivalentes à celles de l’assurance vie (article 990 I du CGI) : pour les primes versées avant les 70 ans de l’assuré, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 € (sommes reçues exonérées jusqu’à ce montant) et, au-delà, paiera un prélèvement forfaitaire de 20 % sur la part reçue entre 152 500 € et 700 000 €, puis 31,25 % au-delà de 700 000 €. En clair, sauf à transmettre des capitaux très importants, le bénéficiaire d’une assurance décès ne paiera que peu ou pas d’impôts sur la somme reçue, ce qui est un atout majeur du dispositif. Pour les primes versées après 70 ans, la fiscalité change : un abattement global de 30 500 € s’applique sur l’ensemble des bénéficiaires, puis la fraction au-delà est soumise aux droits de succession selon le lien de parenté (règles identiques à l’assurance vie, article 757 B du CGI). À noter que si le bénéficiaire est le conjoint marié ou partenaire de Pacs, il est totalement exonéré de droits de succession sur les capitaux décès, comme pour l’assurance vie. Enfin, différence notable : en assurance vie, les intérêts et gains générés par le contrat sont soumis à une fiscalité spécifique en cas de retrait (impôt sur le revenu ou PFU, avec abattements après 8 ans), tandis qu’en assurance décès il n’y a pas de notion de gain ou d’intérêts (puisque pas d’épargne), donc pas d’imposition sur des retraits (il n’y en a pas). Le bénéficiaire d’une assurance décès n’a rien à déclarer au fisc au titre de l’impôt sur le revenu, et le capital décès est versé net de toute taxe (hors éventuels prélèvements forfaitaires évoqués ci-dessus).
En synthèse, assurance décès et assurance vie poursuivent des buts différents tout en partageant le point commun d’organiser la transmission d’un capital hors succession. L’assurance décès relève de la prévention familiale (protéger financièrement sa famille contre un drame imprévu), tandis que l’assurance vie est un outil patrimonial (faire fructifier une épargne disponible tout en préparant sa succession). Selon vos objectifs – protéger vos proches ou épargner pour vous-même – vous n’opterez pas pour le même contrat. Il est aussi possible de cumuler les deux : beaucoup de Français détiennent une assurance vie comme placement, et souscrivent en parallèle une assurance décès pour un capital complémentaire dédié à la sécurité financière de leur famille en cas de coup dur. D’ailleurs, comme illustré plus haut, un même ménage peut utiliser conjointement les deux formules de manière cohérente (épargne programmée d’un côté, protection risque de l’autre)
Conclusion : assurer l’avenir de ses proches
En conclusion, l’assurance décès se révèle un outil précieux pour préserver l’équilibre financier de sa famille face à un événement tragique. En échange d’un coût modéré, elle garantit un capital conséquent à ceux qui comptent sur vous, évitant ainsi que la disparition d’un être cher ne se double d’une détresse matérielle. Nous avons vu comment fonctionne ce contrat : des cotisations mutualisées, pas d’épargne récupérable, mais une protection efficace contre le risque de décès prématuré. C’est une sécurité qui profite avant tout à vos proches, et qui se distingue bien d’une assurance vie orientée épargne.
Si vous avez des personnes à charge (enfants mineurs, conjoint dépendant, prêts en cours, etc.), souscrire une assurance décès peut être vivement conseillé afin de les protéger. Le capital versé pourra par exemple payer les études des enfants, rembourser un emprunt immobilier, ou maintenir le niveau de vie du foyer pendant plusieurs années. Même pour les célibataires sans enfant, une assurance décès peut servir à alléger le poids des frais d’obsèques pour la famille ou à transmettre un coup de pouce financier à des proches, sans fiscalité lourde.
Avant de souscrire, prenez le temps de comparer les offres et de bien définir vos besoins : quel capital serait nécessaire pour mettre vos proches à l’abri ? Pendant combien de temps avez-vous besoin de cette couverture (jusqu’à la retraite, jusqu’à la fin d’un crédit…) ? Préférez-vous un versement en rente ? Vérifiez aussi les clauses d’exclusion, les délais de carence et l’évolution des primes avec l’âge. N’hésitez pas à solliciter les conseils d’un courtier ou d’un conseiller en assurance pour trouver le contrat le mieux adapté à votre situation familiale et budgétaire.
En fin de compte, l’assurance décès est une preuve de prévoyance et d’amour pour vos proches. Elle ne fera pas disparaître la peine, mais elle évitera que s’y ajoute des soucis financiers. Comme le résume une enquête récente, 40 % des parents trentenaires et quadragénaires voient dans l’assurance décès un moyen d’assurer l’avenir financier de leurs enfants (financer des études, un projet immobilier, etc.). C’est un soutien sur lequel ils pourront compter lorsque vous ne serez plus là, et qui apportera, à vous-même de votre vivant, une sérénité inestimable.
Informations utiles et références : Pour toute question complémentaire sur les assurances de prévoyance, vous pouvez consulter des sources officielles comme le site du Service Public (service-public.fr) ou celui de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution. Par exemple, l’Assurance Banque Épargne Info Service (ACPR / Banque de France) met à disposition un numéro de téléphone national 34 14 pour renseigner les particuliers sur les produits d’assurance, du lundi au vendredi de 8h à 18h. N’hésitez pas à les contacter ou à vous rapprocher d’un conseiller professionnel pour être accompagné dans vos démarches.
Disclaimer : Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil personnalisé en assurance ou en finance. Les caractéristiques des contrats peuvent varier selon les assureurs ; il est donc recommandé de lire attentivement les conditions générales et de vous faire conseiller par un professionnel certifié avant de prendre une décision.
Article mis à jour le 17 décembre 2025.
Article écris par :

Clair Caillon est courtier en assurances, fondateur de Handi-Assur et spécialiste depuis près de 30 ans de l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Il est régulièrement décrit par ses clients comme très à l’écoute, réactif, humain et capable de débloquer des dossiers complexes que les assureurs « classiques » refusent.
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