Pourquoi et quand changer d’assurance emprunteur ?
L’assurance emprunteur (ou assurance de prêt immobilier) est souvent souscrite par défaut auprès de la banque lors de la signature d’un crédit immobilier. Or, ce poste est loin d’être négligeable : il peut représenter jusqu’à 30 % du coût total du prêt.
Grâce à l’évolution de la législation, notamment la loi Lemoine de 2022, il est aujourd’hui possible de changer d’assurance emprunteur en cours de crédit pour obtenir un meilleur contrat. Dans quels cas est-ce intéressant de renégocier son assurance de prêt, et à quel moment ? Voici un tour d’horizon complet des raisons de changer d’assurance emprunteur – économies à la clé, garanties ajustées, concurrence accrue – et des modalités permises par la nouvelle loi.
Dernière mise à jour : 17 décembre 2025
Réaliser des économies importantes sur le coût de l’assurance
En faisant jouer la concurrence, un emprunteur peut réduire considérablement la facture de son assurance de prêt. Les contrats alternatifs proposés par des assureurs externes sont généralement beaucoup moins coûteux que les contrats « groupe » des banques.
Selon une étude de 2024, plus de 92 % des emprunteurs ayant changé d’assurance ont réalisé des économies, la moitié d’entre eux économisant plus de 5 000 €, et certains plus de 15 000 € sur la durée du prêt. Concrètement, cela représente souvent un gain de 30 à 40 € par mois pour un emprunteur trentenaire moyen, soit jusqu’à 10 000 € d’économies sur 10 à 20 ans de crédit.
Ces économies substantielles s’expliquent par l’écart de tarif entre l’assurance bancaire standard et les offres personnalisées des assureurs concurrents. D’après une analyse publiée par Le Monde, les banques pratiquent des tarifs 2 à 4 fois plus élevés que ceux des assureurs alternatifs en moyenne. En passant sur un contrat individuel, un ménage peut économiser environ 10 000 € sur 20 ans, soit 40 € par mois, à niveau de garantie équivalent.
Pour les profils jeunes et en bonne santé, la baisse de coût peut même atteindre 30 à 70 % par rapport à l’assurance groupe initiale (à garanties égales), et de 10 à 40 % pour des emprunteurs quadragénaires. En période de taux d’intérêt élevés et de pouvoir d’achat contraint, réduire le coût de son assurance emprunteur est un levier facile à actionner pour alléger ses mensualités et le coût total du crédit.
Bénéficier de garanties mieux adaptées à votre profil
Changer d’assurance emprunteur ne sert pas qu’à faire des économies : cela permet aussi de mieux se couvrir, avec un contrat plus adapté à sa situation personnelle. Les contrats bancaires « groupe » sont standardisés et peu personnalisables, là où les offres individuelles concurrentes proposent souvent des garanties plus pointues et moins d’exclusions.
En pratique, à tarif égal ou moindre, un nouveau contrat externe peut offrir une protection élargie par rapport à l’ancien : les assureurs alternatifs mettent en avant des garanties mieux adaptées et des services plus performants (gestion en ligne des sinistres, options supplémentaires, etc.).
Vous ne serez donc pas moins bien protégé en changeant – la réglementation impose d’ailleurs que le nouveau contrat présente au minimum des garanties équivalentes à celles exigées par la banque – et vous pourriez même bénéficier de couvertures plus complètes qu’avec l’assurance initiale.
Exemple concret : un emprunteur ayant souscrit son assurance il y a plusieurs années peut aujourd’hui trouver un contrat couvrant mieux certains risques spécifiques. Si vous exercez un métier à risque ou pratiquez un sport dangereux, un assureur spécialisé sera plus à même de vous couvrir correctement, là où le contrat bancaire standard aurait pu exclure ces situations.
De même, si votre profil de santé s’est amélioré depuis la souscription (arrêt du tabac, perte de poids, fin de traitement médical), cela constitue une raison évidente de rechercher une nouvelle assurance mieux tarifiée : un fumeur repenti ou une personne ayant surmonté un problème de santé pourra décrocher un contrat moins cher et mieux adapté à sa nouvelle situation, l’assureur jugeant désormais le risque plus faible.
Il faut aussi souligner que les avancées législatives récentes ont amélioré l’accès à l’assurance pour tous les profils. Par exemple, la loi Lemoine a supprimé le questionnaire de santé pour les prêts immobiliers inférieurs ou égaux à 200 000 € (par emprunteur) dont le terme intervient avant le 60e anniversaire de l’emprunteur.
Autrement dit, si votre emprunt est modeste ou de durée raisonnable, vous n’aurez plus à déclarer de problèmes de santé lors du changement d’assurance ; aucune surprime ne pourra vous être imposée pour des raisons médicales dans ces cas.
De plus, le droit à l’oubli (concernant les anciens malades du cancer ou de l’hépatite C) a été réduit de 10 à 5 ans : cinq ans après la fin de votre protocole de soins, vous n’avez pas à signaler cet historique dans votre demande d’assurance. Ces mesures renforcent la capacité de nombreux emprunteurs à trouver une meilleure couverture, même s’ils avaient été pénalisés par le passé pour des raisons de santé.
Profiter de la concurrence accrue entre assureurs
Mettre en concurrence les assureurs est aujourd’hui non seulement possible, mais vivement recommandé pour optimiser son assurance de prêt. Longtemps, les banques ont conservé le monopole de ce marché – elles captent encore l’essentiel des contrats d’assurance emprunteur – mais la libéralisation progressive depuis 2010 a ouvert la porte à de nombreux assureurs alternatifs (compagnies d’assurance, mutuelles, courtiers, etc.).
Des acteurs comme Axa, April, Allianz, Generali, MAIF, CNP Assurances, etc., proposent des offres d’assurance emprunteur compétitives, souvent mieux calibrées et moins chères que celles des bancassureurs. Cette concurrence permet aux emprunteurs de faire jouer la comparaison pour obtenir le meilleur rapport garanties/prix.
Plusieurs réformes législatives ont encouragé cette ouverture du marché : la loi Lagarde en 2010 a d’abord garanti le libre choix de l’assurance dès la souscription du prêt (la banque ne peut imposer son contrat maison) ; puis la loi Hamon de 2014 a autorisé la résiliation de l’assurance à tout moment durant la première année du crédit. Par la suite, l’amendement Bourquin (2018) a instauré un droit de résiliation annuel à chaque date anniversaire du contrat. Enfin, la loi Lemoine de 2022 a parachevé cette libéralisation en supprimant toute contrainte de calendrier : il est désormais possible de résilier son assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni pénalités.
Ces évolutions ont considérablement renforcé le pouvoir des consommateurs et incité les assureurs à proposer des tarifs plus attractifs. En effet, en pratiquant des prix individualisés en fonction du profil de risque de chaque client – tout en maintenant des garanties équivalentes – les assureurs concurrents ont fait chuter les prix moyens de l’assurance de prêt.
Les chiffres illustrent l’essor de cette concurrence. Par exemple, après l’entrée en vigueur de la loi Lemoine, les demandes de substitution d’assurance auprès des banques ont bondi de plus de 80 % entre 2021 et mi‑2023. Autrement dit, de nombreux emprunteurs ont saisi l’opportunité de changer d’assurance une fois la résiliation infra-annuelle autorisée. Selon un baromètre du secteur, plus de 9 emprunteurs sur 10 ayant changé d’assurance déclarent avoir réalisé des économies sur leur crédit– ce qui confirme l’intérêt de faire jouer la concurrence.
Face à ces transferts de contrats, les banques restent encore dominantes sur le marché, mais elles ont dû s’aligner en partie et justifier leurs tarifs. Surtout, la loi impose aux banques d’accepter le nouveau contrat d’assurance dès lors que celui-ci présente des garanties équivalentes : l’établissement prêteur ne peut refuser la substitution que pour un motif légitime, par exemple si le niveau de couverture est insuffisant, et il doit répondre dans un délai maximal de 10 jours.
En somme, la concurrence joue en faveur des emprunteurs, et le cadre légal veille à ce que les droits de ces derniers soient respectés.
Changer d’assurance emprunteur à tout moment (loi Lemoine)
La loi Lemoine, entrée en vigueur en juin 2022, constitue une petite révolution pour les emprunteurs. Auparavant, passé la première année de crédit (loi Hamon), il fallait attendre l’échéance annuelle du contrat pour changer d’assurance, en respectant un préavis strict de deux mois – faute de quoi le contrat était reconduit pour un an supplémentaire. Désormais, la résiliation est possible à tout moment, pour tous les prêts en cours, sans attendre la date anniversaire.
Concrètement, vous êtes libre de changer d’assurance de prêt quand vous le souhaitez au cours du remboursement, que votre contrat ait été souscrit il y a un mois ou depuis plusieurs années. Cette résiliation infra-annuelle se fait sans frais : aucun pénalité ni motif n’est à fournir, si ce n’est l’obligation de présenter un nouveau contrat à la banque avec des garanties au moins équivalentes à l’ancien.
Il est donc tout à fait envisageable de souscrire une offre alternative et de résilier l’assurance initiale dès que vous trouvez mieux – par exemple, de changer d’assurance quelques mois après la signature du prêt pour profiter d’un tarif plus avantageux.
Quand est-il intéressant de changer d’assurance emprunteur ? D’un point de vue financier, le plus tôt est le mieux. Plus vous agissez tôt durant la vie du prêt, plus les économies potentielles seront élevées, car vous paierez le nouveau tarif avantageux sur une plus longue période restante. Inversement, si vous avez déjà remboursé une grande partie du crédit (par exemple après avoir franchi les deux tiers de la durée du prêt), l’intérêt d’un changement d’assurance diminue fortement.
En fin de prêt, le capital restant dû est réduit et votre âge plus élevé entraîne des tarifs d’assurance naturellement plus hauts : le gain réalisé pourrait être marginal, d’autant que certains contrats bancaires sont calculés sur le capital restant et voient leur coût baisser avec le temps. De plus, il faut évaluer votre situation personnelle : si votre état de santé s’est aggravé depuis la souscription initiale, mieux vaut y réfléchir à deux fois.
En changeant d’assurance, vous repartez à zéro sur les conditions médicales : une maladie apparue en cours de prêt pourrait entraîner des surprimes ou exclusions avec le nouvel assureur, alors qu’elle était couverte sans réserve par votre contrat actuel. En résumé, grâce à la loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance à tout moment, mais l’opportunité est maximale dans les premières années du prêt et lorsque votre profil s’est maintenu ou amélioré.
Conclusion : un changement gagnant pour la plupart des emprunteurs
En définitive, changer d’assurance emprunteur en cours de crédit peut s’avérer très avantageux. Que ce soit pour payer moins cher (plusieurs milliers d’euros d’économies potentielles sur la durée du prêt), pour améliorer vos garanties ou pour profiter d’un marché concurrentiel désormais ouvert, vous avez tout intérêt à étudier les offres alternatives disponibles.
La récente loi permet une résiliation simplifiée à tout moment, ce qui donne une grande flexibilité aux emprunteurs pour optimiser leur contrat d’assurance de prêt immobilier. N’hésitez pas à comparer les devis d’assurance emprunteur auprès de différents assureurs : en faisant jouer la concurrence, beaucoup d’emprunteurs ont déjà allégé le coût de leur crédit tout en sécurisant une meilleure protection.
Conseil : Avant de franchir le pas, vérifiez bien l’équivalence des garanties entre l’ancien et le nouveau contrat (pour s’assurer que toutes les exigences de la banque sont couvertes) et respectez la procédure de substitution (envoi d’une demande écrite à l’assureur en place, fourniture du nouveau contrat à la banque, etc.).
Si besoin, faites-vous accompagner par un courtier ou un conseiller spécialisé pour choisir l’offre la plus adaptée et gérer les formalités. Avec un bon accompagnement, changer d’assurance emprunteur est une démarche simple et sans risque, qui peut au final optimiser significativement le coût de votre prêt immobilier.
Disclaimer : Cet article a une visée informative et généraliste. Il ne constitue pas un conseil financier ou juridique personnalisé. Pour toute situation particulière, consultez un professionnel certifié avant de prendre une décision.
Article écris par :

Clair Caillon est courtier en assurances, fondateur de Handi-Assur et spécialiste depuis près de 30 ans de l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Il est régulièrement décrit par ses clients comme très à l’écoute, réactif, humain et capable de débloquer des dossiers complexes que les assureurs « classiques » refusent.
© 2026 Handi Assur. | Tous droits réservés.
Partager l'article
Derniers articles
Souscrire un prêt immobilier s’accompagne souvent…
L’alcoolisme est reconnu comme une maladie…
De nombreuses personnes (anciennes malades,…


