Assurance emprunteur : quelles garanties inclut votre contrat ?
Souscrire un prêt immobilier s’accompagne souvent d’une assurance emprunteur. Celle-ci garantit le remboursement du prêt en cas de coup dur – décès, maladie ou accident – qui empêcherait l’emprunteur de payer ses mensualités.
Un contrat d’assurance emprunteur regroupe plusieurs garanties clés : décès, invalidité (totale ou partielle), incapacité temporaire de travail, et parfois perte d’emploi. Chacune protège l’emprunteur (et sa famille) tout en sécurisant la banque. Dans cet article, nous passons en revue ces garanties (obligatoires et optionnelles) pour vous aider à comprendre ce que couvre votre contrat.
Dernière mise à jour : 17 décembre 2025
Garanties obligatoires : Décès et PTIA
Les garanties Décès et Perte Totale et Irréversible d’Autonomie (PTIA) forment le socle de base de l’assurance emprunteur. La garantie décès est systématique : en cas de décès de l’emprunteur, l’assureur verse au prêteur le capital restant dû.
Les ayants droit du défunt sont alors déchargés de la dette, et le bien immobilier entre dans la succession. Cette couverture s’applique généralement jusqu’à un âge limite, et couvre tous les décès (suicide inclus à partir de la 2ᵉ année du contrat, selon la loi).
La garantie PTIA (ancienne Invalidité Absolue et Définitive) est étroitement liée à la garantie décès. Elle s’active lorsque l’emprunteur devient totalement dépendant : impossible de travailler et nécessité absolue d’aide pour accomplir plusieurs actes de la vie courante (toilette, habillage, alimentation, déplacement).
Dans cette situation extrême, l’assurance prend en charge le remboursement du prêt comme si l’assuré était décédé. En pratique, la banque exige ces deux garanties de base, car elles protègent le prêt contre le risque majeur (perte de la capacité de rembourser) tout en garantissant la sécurité financière de la famille
Invalidité permanente : IPT et IPP
Au-delà du PTIA, l’assurance emprunteur couvre l’invalidité permanente de l’assuré, selon deux degrés : l’Invalidité Permanente Totale (IPT) et l’Invalidité Permanente Partielle (IPP). L’IPT concerne l’inaptitude totale à exercer une activité rémunératrice après consolidation d’un accident ou d’une maladie. En général, elle intervient à partir d’un taux d’incapacité de 66% et aboutit à un versement des mensualités du prêt (ou d’une part) à vie, selon les clauses du contrat.
L’IPP s’applique pour un taux d’invalidité permanent compris entre 33% et 66%. Par exemple, si un emprunteur est reconnu invalide à 50%, l’IPP peut déclencher une indemnisation partielle (souvent un pourcentage de la mensualité). Notez que l’IPP ne peut être souscrite qu’en complément d’une IPT: aucun contrat ne propose l’IPP sans la couverture IPT associée. Comme pour les autres garanties, des exclusions peuvent s’appliquer (maladies chroniques antérieures, pratique de certains sports, etc.).
Incapacité Temporaire de Travail (ITT)
La garantie ITT couvre les arrêts de travail temporaires dus à une maladie ou un accident. Si vous êtes en arrêt maladie (total) et considéré comme inapte selon votre contrat, l’assurance peut prendre en charge vos mensualités – totalement ou partiellement – à hauteur de la perte de revenu. En pratique, après un délai de franchise (quelques jours) puis une durée déterminée, l’assureur verse des indemnités journalières ou rembourse les échéances du prêt.
En revanche, la plupart des contrats exigent que l’inactivité soit totale : si l’assuré reprend ne serait-ce qu’une activité à temps partiel, la prise en charge cesse (sauf clause « mi-temps thérapeutique »). L’ITT est utile notamment pour les emprunteurs salariés exposés à un risque de maladie longue ou d’accident : elle garantit un soutien financier temporaire en cas d’arrêt prolongé.
Optionnelle : Perte d’emploi
La garantie perte d’emploi est généralement facultative. Elle permet de sécuriser le prêt si l’emprunteur est licencié involontairement (hors faute) et ouvre droit aux allocations chômage. Concrètement, en cas de chômage indemnisé (licenciement, fin de CDD, etc.), l’assurance prend en charge tout ou partie des mensualités pendant une période fixée au contrat (par exemple 12 ou 24 mois).
Les contrats prévoient souvent un délai de carence (aucune indemnisation les premiers mois) et un plafond d’indemnisation mensuelle. Il est important de savoir que la banque ne peut pas imposer cette garantie optionnelle: c’est à l’emprunteur de décider s’il la souscrit (selon son statut salarié, âge, etc.). Pour un actif préoccupé par la perte d’emploi, cette option peut apporter une protection précieuse contre le chômage involontaire.
Comment bien choisir son assurance emprunteur
Pour bien choisir, rappelez-vous que les garanties indispensables sont le décès et la PTIA. Les autres garanties se modulent selon votre situation : l’IPP/IPT est essentielle si votre état de santé ou métier expose à une invalidité, l’ITT si vous craignez un arrêt maladie, et la perte d’emploi si votre contrat de travail le permet et que vous voulez vous prémunir contre un licenciement.
Comparez toujours plusieurs offres : depuis 2022, la délégation d’assurance autorise à changer d’assureur pendant toute la durée du prêt, à condition d’offrir un niveau de garanties au moins équivalent. Lors de la comparaison, vérifiez notamment : délais de carence/franchise, exclusions spécifiques (sports à risque, etc.), plafonds et durée d’indemnisation. Par exemple :
- Vérifiez les âges limites de prise en charge pour chaque garantie (généralement 60–70 ans).
- Comparez le coût : assurez-vous que la prime (cotisation) est justifiée par le niveau de couverture.
- Lisez les exclusions : un contrat peut par exemple exclure certaines pathologies antérieures ou conditions (tabac, poids, etc.).
En cas de doute ou de situation complexe (antécédents médicaux, contrat spécifique), faites-vous accompagner par un courtier ou un conseiller. Comme le note France Assureurs, vous pouvez résilier votre assurance à tout moment en présentant une offre concurrente équivalente. Une bonne comparaison vous permettra de trouver le meilleur rapport garanties/prix pour votre prêt.
Cas pratiques
Des témoignages réels illustrent ces enjeux.
Clara, 46 ans, diabétique, explique avoir négocié avec sa banque pour ne garder que les garanties Décès et PTIA afin de réduire sa prime. Malgré cela, elle a dû subir de nombreux examens médicaux contraignants (prélèvements sanguins, tests cardiaques et oculaires…) avant d’obtenir l’accord de l’assureur. Son expérience montre à quel point les critères médicaux et le choix des garanties (ici seulement le socle « de base ») influent sur l’accès à l’assurance. (France asso santé)
Un autre cas : Sabrina, atteinte de sclérose en plaques, a vu plusieurs assureurs refuser son dossier, parfois en excluant la maladie ou en proposant des surprimes extrêmes. Finalement, grâce à un courtier spécialisé, un contrat lui a été proposé avec les garanties de base (Décès + PTIA), assorties d’une surprime modérée. (Notresclérose.org)
Elle souligne qu’anticiper (questionnaires de santé bien remplis) et s’appuyer sur un spécialiste ont été cruciaux. Son témoignage confirme que les garanties décès/PTIA restent la clé pour obtenir un prêt, même si des conditions (tarifaires et médicales) s’y ajoutent.
Conclusion
En résumé, un contrat d’assurance emprunteur regroupe plusieurs garanties pour protéger l’emprunteur et le prêteur. Les garanties décès et PTIA effacent la dette en cas de drame personnel majeur.
Les garanties invalidité (IPT/IPP) prennent en charge le prêt si vous perdez de façon permanente votre capacité de travail, tandis que l’ITT couvre temporairement un arrêt maladie ou accident. L’option perte d’emploi peut compléter cette protection en cas de chômage subi. Avant de signer, prenez le temps de lire votre contrat et de comparer : chaque garantie a ses conditions (exclusions, plafonds, franchises).
Si besoin, sollicitez un courtier ou un conseiller pour déterminer le niveau de couverture adapté à votre profil. Mieux compris, ces garanties assurent une protection efficace pour sécuriser votre projet immobilier.
Ce contenu est à titre informatif et ne remplace pas une consultation personnalisée. Pour toute question, l’équipe Handi-Assur reste à votre disposition.
Article écris par :

Clair Caillon est courtier en assurances, fondateur de Handi-Assur et spécialiste depuis près de 30 ans de l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Il est régulièrement décrit par ses clients comme très à l’écoute, réactif, humain et capable de débloquer des dossiers complexes que les assureurs « classiques » refusent.
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